question écrite
Installations prolongées et non-autorisées de gens du voyage sur des terrains municipaux
- Ministère interrogé
- Intérieur
- Rubrique
- Police et sécurité
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En clair
Question écrite de Fabien Genet, publiée au Journal officiel le 22 janv. 2026. Réponse publiée le 17 sept. 2026, 238 jours plus tard.
- Délai de réponse
- 238 joursmédiane 126 jours, questions écrites du Sénat
La question
M. Fabien Genet attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les conséquences de l'installation prolongée et non-autorisée des gens du voyage sur des terrains municipaux.
En effet, si la majorité des installations se déroule sans difficulté particulière, il apparaît néanmoins que des groupes de gens du voyage peuvent s'installer, sur de longues périodes, sur des terrains communaux, sans information ni autorisation préalable des élus locaux. Ces installations s'accompagnent fréquemment de branchements non autorisés aux réseaux d'eau et d'électricité, générant des coûts significatifs pour les collectivités concernées. Malgré l'intervention des services de l'État, notamment de la gendarmerie, et l'appui du médiateur départemental des gens du voyage, certains élus locaux se trouvent démunis pour faire face à ces situations.
Ces dernières peuvent également engendrer une forte incompréhension parmi les habitants, en particulier lorsque l'occupation de ces terrains conduit à restreindre l'accès à des équipements publics communaux, comme les aires de jeux ou des espaces de loisirs.
Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures que le Gouvernement entend prendre afin de renforcer les moyens juridiques, opérationnels et financiers mis à disposition des élus locaux pour prévenir et gérer ces occupations non-autorisées.
La réponse
Les schémas départementaux d'accueil des gens du voyage formalisent l'obligation pour les communes de plus de 5 000 habitants et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) de créer, d'aménager et d'entretenir des aires d'accueil réservées aux gens du voyage. Lorsque la commune ou l'EPCI s'est doté d'aires et de terrains conformes à ce schéma, ou respecte une des conditions prévues au I ou I bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000, le maire ou le président de cet EPCI peut interdire le stationnement des gens du voyage en dehors des aires aménagées et, en cas de violation de cette interdiction, demander au préfet de département de mettre en demeure les gens du voyage de quitter les lieux. Lorsque cette mise en demeure n'a pas été suivie d'effet, l'évacuation forcée des résidences mobiles peut alors intervenir après un délai de 24 heures, sous réserve qu'aucun recours n'ait été formé devant le juge administratif. Le juge administratif doit quant à lui statuer dans les 48 heures. La mise en demeure peut aussi être prononcée lorsque l'EPCI dispose d'un emplacement provisoire agréé par le préfet, pour une durée ne pouvant excéder six mois. En complément, si l'installation a lieu sur un terrain public, le maire a également la capacité de saisir le juge administratif en référé pour demander une expulsion en urgence. Si l'installation a lieu sur un terrain privé, cette compétence appartient au propriétaire, qui doit s'adresser au juge judiciaire. Dans les deux cas, dès la décision de justice rendue, l'ayant droit peut obtenir son exécution en sollicitant auprès du préfet le concours de la force publique. Les stationnements illicites peuvent également être sanctionnés pénalement, l'article 322-4-1 du code pénal réprimant le délit d'installation illicite en réunion sur un terrain communal ou privé jusqu'à un an d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. Les dispositions pénales peuvent également servir de cadre à la répression des actes de destruction, dégradation ou détérioration des biens appartenant à autrui commis par les gens du voyage, et une action civile en responsabilité du fait personnel peut également être introduite indépendamment de toute procédure pénale, en application de l'article 1240 du code civil, en vue de l'obtention d'une indemnité compensatrice de la dégradation. Par ailleurs, la loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST), promulguée le 18 août 2026, prévoit une hausse de 500 euros à 1000 euros de l'AFD pour occupation illicite en réunion d'un terrain ainsi qu'une aggravation des peines pour occupation illicite en cas d'atteinte aux biens ou à l'environnement. En complément, la loi prévoit une facilitation de la procédure de mise en demeure de quitter les lieux en précisant que les branchements sur les installations de distribution d'eau ou d'électricité effectués sans autorisation et l'occupation d'un terrain dépourvu de système de collecte des déchets « constituent des atteintes, respectivement, à la sécurité publique et à la salubrité publique », ce qui permettra de faciliter la caractérisation du trouble à l'ordre public. Enfin, afin d'éviter que les campements évacués ne se reconstituent à proximité, la mise en demeure de quitter les lieux restera applicable lorsque la résidence mobile se trouve à nouveau, dans un délai de 14 jours à compter de sa notification aux occupants, en stationnement illicite sur le territoire de la commune ou de l'EPCI ; auparavant, la mise en demeure restait applicable dans un délai de 7 jours.
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ260107418
- Ministère interrogé (source)
- 1096