question écrite
Réécriture de l'histoire du Tibet par des musées sous la tutelle du ministère de la culture
- Ministère interrogé
- Culture
- Rubrique
- Culture
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En clair
Question écrite de Jacqueline Eustache-Brinio, publiée au Journal officiel le 3 oct. 2024. Réponse publiée le 21 nov. 2024, 49 jours plus tard.
- Délai de réponse
- 49 joursmédiane 126 jours, questions écrites du Sénat
La question
Mme Jacqueline Eustache-Brinio attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur la récente décision des musées Guimet et du Quai Branly, dépositaires d'objets du patrimoine culturel tibétain, de remplacer le nom « Tibet » par « Xizang » et « région himalayenne » dans leurs documents officiels et leur communication avec le public.
Cette réécriture de l'histoire du Tibet, dénoncée dans une tribune publiée récemment dans le journal « Le Monde », porte gravement atteinte à l'identité culturelle du Tibet et contribue activement à la légitimation, par des musées pourtant placés sous la tutelle du ministère de la culture, d'un narratif erroné prôné par la République populaire de Chine.
Le Tibet, ce pays ancestral, annexé en 1950, qui dispose de sa propre langue, de sa religion et de sa culture, ne doit pas disparaitre de l'histoire sous quelque pression que ce soit. La France et ses musées se doivent de tenir compte des faits historiques et de ne pas se soumettre aux diktats idéologiques.
Avec le groupe d'information internationale sur le Tibet qu'elle préside, elle considère qu'il est inadmissible de céder aux pressions chinoises, en particulier dans le domaine culturel, qui doit se garder de toute influence étrangère, pour transmettre au public la réalité de l'histoire en préservant toutes les cultures.
Céder à des pressions politiques dans le domaine de la culture et des arts ouvre la porte à de graves dérives autoritaires et partisanes dont il faut impérativement se protéger.
Dans un souci de vérité et de respect du peuple tibétain, elle lui demande donc de bien vouloir faire en sorte que le nom « Tibet » soit rétabli dans tous les documents officiels et la communication de tous les établissements sous sa tutelle.
La réponse
Le ministère de la culture a pris toute la mesure de la question relative à la terminologie et à l'exposition du patrimoine culturel tibétain dans les musées nationaux. Il tient à réaffirmer en premier lieu l'importance qu'il attache à la liberté de programmation et d'expression au sein des institutions placées sous sa tutelle. La mission d'un musée est de présenter au public le plus large les oeuvres issues d'histoires et de cultures diverses, en veillant à l'objectivité scientifique du propos et en garantissant la pluralité des points de vue. S'agissant du musée du quai Branly-Jacques Chirac, des réponses rapides et claires ont été apportées par l'établissement. Il convient toutefois de rappeler que la mention du Tibet a toujours figuré sur les cartels en salle. S'agissant du musée Guimet, son projet scientifique repose sur un parcours défini par grandes aires culturelles. Dans le cas du Tibet, l'appellation « monde himalayen » n'a en aucun cas conduit à faire disparaître les termes « Tibet » ou « tibétain » des cartels en salle et du site internet du musée.
Sources et données
- La question sur le site du Sénat (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur le site du Sénat (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Sénat)
- SEQ241000224
- Ministère interrogé (source)
- 975