Réponse publiée

question écrite

Maintien du service des urgences de l'hôpital Legouest à Metz

Michelle Gréaume CRCE-K · Sénat · 17e législature · n° 10265

Ministère interrogé
Armées et anciens combattants
Rubrique
Défense

En clair

Question écrite de Michelle Gréaume, publiée au Journal officiel le 8 oct. 2026. Réponse publiée le 5 nov. 2026, 28 jours plus tard.

Délai de réponse
28 joursmédiane 126 jours, questions écrites du Sénat

La question

Mme Michelle Gréaume attire l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur l'avenir du service des urgences de l'hôpital régional d'instruction des armées Legouest à Metz. Le service de santé des armées a annoncé la fin de la prise en charge de cette activité à compter du début de l'année 2027, celle-ci devant être transférée au centre hospitalier régional Metz-Thionville. Cette décision suscite de fortes inquiétudes parmi les personnels et la population. L'hôpital Legouest est en effet pleinement intégré à l'offre de soins du territoire messin et participe depuis de nombreuses années au service public hospitalier. Son service d'urgences accueille des patients civils comme militaires et contribue ainsi directement à la prise en charge des besoins de santé de la population. L'établissement assure également une activité d'urgences bucco-dentaires, particulièrement importante pour le territoire. Le transfert annoncé intervient alors que les services d'urgences des établissements publics de santé connaissent eux-mêmes de fortes tensions, notamment en matière d'effectifs. Il fait donc peser un risque de concentration supplémentaire de l'activité sur le site de Mercy et, plus largement, d'affaiblissement de l'offre de soins accessible à la population messine. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'hôpital Legouest a déjà connu plusieurs restructurations. Elle ravive légitimement les inquiétudes quant à la pérennité de ses activités et à sa place dans le dispositif sanitaire territorial. Elle rappelle à cet égard avoir déjà alerté le Gouvernement sur l'avenir de cet établissement et, plus largement, sur la nécessité de renforcer les moyens humains et matériels du service de santé des armées. Les impératifs légitimes de préparation opérationnelle des armées ne sauraient conduire à opposer les besoins sanitaires des militaires à ceux de la population civile. Ils appellent au contraire à donner au service de santé des armées les moyens nécessaires pour remplir l'ensemble de ses missions et contribuer à la résilience sanitaire de la Nation. Dans un contexte de remontée en puissance des moyens consacrés à la défense, le renforcement du service de santé des armées doit constituer une priorité et permettre de préserver les capacités hospitalières qui participent à la fois au soutien des forces et au service public de santé. Elle lui demande par conséquent si le Gouvernement entend revenir sur la décision de mettre fin à l'activité du service des urgences de l'hôpital Legouest et lui garantir les moyens humains et financiers nécessaires à son maintien au-delà de 2027. Elle lui demande également de préciser les garanties qu'il entend apporter quant au maintien des urgences bucco-dentaires et, plus largement, quant à la pérennité de l'hôpital Legouest et de ses missions au service des militaires comme de la population du territoire messin.

La réponse

Le service des urgences de l'hôpital régional d'instruction des armées (HRIA) Legouest ne fermera pas. L'activité de médecine d'urgence sera maintenue sur le site, seule la responsabilité de l'activité évolue pour être progressivement transférée au centre hospitalier régional Metz-Thionville (CHRMT) dont c'est le coeur de métier. Ce transfert s'inscrit dans le cadre d'une transformation de la composante hospitalière militaire visant à un meilleur équilibre entre les missions opérationnelles du service de santé des armées (SSA) et le maintien d'une offre de soins à la population.

En effet, si la participation des hôpitaux militaires à l'offre de soins territoriale est un levier utile et apprécié pour le maintien des compétences du personnel soignant militaire, elle ne constitue pas la finalité première de leurs missions. Aujourd'hui, l'enjeu est d'adapter nos hôpitaux militaires aux exigences de préparation opérationnelle des forces face aux menaces identifiées par les différentes revues stratégiques, en particulier le retour du conflit de haute intensité. La consolidation du SSA passe ainsi par des réformes structurelles, en complément de l'effort très significatif réalisé en loi de programmation militaire.

A Metz, l'objectif est bien de développer l'offre de soins militaires pour la prise en charge des blessés de guerre. L'effort porte sur les services de psychiatrie et de médecine physique et de réadaptation pour mieux répondre aux besoins spécifiques de leur réhabilitation et garantir la résilience sanitaire de la Nation. Le transfert de la responsabilité des urgences vise également à mieux employer les compétences urgentistes, ressources rares tant en secteur civil que militaire, au profit de la médecine de l'avant. Cette décision permettra ainsi à terme de mobiliser des équipes spécialisées pour soutenir directement les forces déployées, notamment les forces spéciales.

Malgré le changement de contexte stratégique, la continuité de l'offre de soins demeure une priorité. Afin de la garantir et de la coordonner, un partenariat étroit est mis en place depuis plus de dix ans avec le CHRMT. Pour le cas précis des urgences cela se traduira par le maintien d'un noyau de soignants relevant du ministère des armées et des anciens combattants dans un dispositif transitoire pour éviter toute rupture de service localement.

S'agissant des urgences bucco-dentaires, dont l'activité relève également de la participation à l'offre de soins territoriale, l'organisation de l'activité sera appréciée dans un second temps au regard de l'évolution du service des urgences, des besoins de la population et des conditions d'exercice des professionnels concernés.

Ces évolutions ne remettent aucunement en cause  l'avenir de l'HRIA Legouest, qui demeure un maillon essentiel du dispositif de santé des armées dans la région Grand-Est et qui poursuit une mission de service public en partenariat étroit avec le CHR de Metz-Thionville.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : base Questions du Sénat le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Sénat)
SEQ261010265
Ministère interrogé (source)
1097