question au Gouvernement

Politique écologique

Marie Pochon EcoS · Assemblée nationale · 17e législature · n° 837

Ministère interrogé
Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
Rubrique
Agriculture

En clair

Question au Gouvernement de Marie Pochon, posée en séance le 26 juin 2025.

L'échange en séance

POLITIQUE ÉCOLOGIQUE

M. le président . La parole est à Mme Marie Pochon.

Mme Marie Pochon . Ma question s’adresse à vous, monsieur le premier ministre, et à tous ceux qui vous soutiennent encore aujourd’hui.

Quand prendrez-vous nos campagnes au sérieux ? Le sérieux qui devrait s’appliquer à ce 1,5 degré de réchauffement climatique désormais impossible à tenir, dix ans seulement après l’accord de Paris ; le sérieux de la pollution de l’air, des cancers pédiatriques, des terres agricoles englouties dans le bitume de vos obsessions.

Le sérieux de nos dépendances aux intrants, au pétrole, à l'uranium provenant des pires autocrates de la planète ; le sérieux qui devrait vous obliger à considérer, au-delà de ce que vous voyez sur CNews, la réalité de ceux qui habitent nos campagnes et observent avec effarement votre croisade contre l'écologie. Que leur avez-vous proposé ces six derniers mois ? Des attaques contre les agriculteurs bio, contre nos agents de la police environnementale, le retour des pesticides et du Mercosur,…

Mme Danielle Simonnet . Honteux ! Irresponsable !

Mme Marie Pochon . …le blocage des énergies renouvelables et de la rénovation énergétique ; toujours plus de data centers, de supermarchés, d’autoroutes à 17 euros le péage, au mépris de l’État de droit. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Devant cet abandon de l'écologie, il vous est trop facile, députés de la majorité, de jouer l'indignation. L'A69, c'est vous ; les coupes budgétaires portant sur l'écologie, c'est vous ; la suspension de MaPrimeRénov', c'est vous ; le retour des néonicotinoïdes, c'est également vous. (Mêmes mouvements.)

M. Philippe Gosselin . Oh là là !

Mme Marie Pochon . Au nom de qui parlez-vous, tout en prétendant défendre les habitants de nos campagnes, pour élargir ainsi la fracture territoriale avec autant de cynisme ?

M. Jean-Yves Bony . Mais non ! N'importe quoi !

Mme Marie Pochon . La semaine passée, monsieur le premier ministre, vous présentiez la suite du plan France ruralités en catimini – personne ne l'a vu. Personne ne l’a vu parce que vous n’y avez rien dit ! Fille de vignerons, élue rurale, je l'affirme avec colère : nos vies, vous n’en avez rien à faire. Vous les vendez, avec les ambitions environnementales de la France, à la démagogie de l’extrême droite (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC et quelques bancs du groupe GDR), à laquelle tant de nos campagnes ont fièrement résisté il y a plus de quatre-vingts ans et résistent encore. Nous ne voulons pas de vos bouilloires thermiques ; nous ne voulons pas être dépendants d'une essence à 2 euros le litre ; nous ne voulons pas que nos terres agricoles soient vendues à des financiers. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Nous voulons des prix rémunérateurs pour nos agriculteurs, une énergie sûre et peu chère, des logements dignes, une alimentation de qualité. Je le répète, monsieur le premier ministre, quand prendrez-vous nos campagnes au sérieux ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, SOC et GDR.)

M. Vincent Descoeur . Belle illustration de la démagogie !

M. le président . La parole est à Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche . Loin de nous complaire dans cette triste litanie de « qu'est-ce qu'on pourrait faire ? pourquoi ça ne marche pas ? », nous agissons.

Mme Danielle Simonnet . Non !

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre . Vous demandez ce que nous faisons : la baisse de 20 % en sept ans des émissions de gaz à effet de serre, c'est nous. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme Sandra Marsaud. Eh oui !

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre . La baisse de 31 % de la pollution de l'air, c'est nous.

Mme Sandra Marsaud. Eh oui !

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre . La planification écologique, avec ses différentes branches – stratégie nationale bas-carbone, programmation pluriannuelle de l'énergie, plan national d'adaptation au changement climatique –, c'est nous.

Mme Sandra Marsaud. Eh oui !

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre . L'augmentation du fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier, c'est nous ; le fonds Vert, c'est nous ; le doublement du budget de l'écologie, c'est nous ; 1,2 milliard d'euros consacré à la rénovation thermique financée par MaPrimeRénov', c'est nous ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)

Mme Sandra Marsaud. Eh oui !

Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre . Les bonus écologiques, le leasing social, c'est encore nous. Plutôt que de rester les bras croisés, vous devriez plutôt vous battre avec nous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR ainsi que sur quelques bancs du groupe Dem.)

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG837
Ministère interrogé (source)
PO855094