question au Gouvernement

Situation à Gaza

Thomas Portes LFI-NFP · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1855

Ministère interrogé
Europe et affaires étrangères
Rubrique
Organisations internationales

En clair

Question au Gouvernement de Thomas Portes, posée en séance le 15 oct. 2026.

L'échange en séance

SITUATION À GAZA

Mme la présidente. La parole est à M. Thomas Portes.

M. Thomas Portes (LFI-NFP). Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, trois ans de génocide à Gaza, trois ans d'inaction de votre gouvernement. Trois ans de génocide à Gaza, trois ans de refus d'un embargo sur les armes et les composants militaires qui servent aujourd'hui à armer Israël. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. –M. Édouard Bénard applaudit également.)

Face à votre inaction complice, le monde du travail et la société civile ont décidé de passer à l'action. Je veux ici saluer Urgence Palestine, la CGT et Solidaires, qui, par leur mobilisation, ont empêché jeudi que du matériel militaire français décolle à destination d'Israël. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Gloire aux travailleurs qui se mobilisent alors que la France continue de se rendre complice du génocide à Gaza.

M. Hervé de Lépinau. Il faut remercier le Hamas !

M. Thomas Portes. Entre octobre 2023 et mars 2026, 525 livraisons d'entreprises françaises ont aidé Israël à s'armer. Depuis mars dernier, 35 nouvelles livraisons ont eu lieu à destination d'Elbit Systems, premier fabricant d'armes en Israël. Depuis des mois, le gouvernement et le premier ministre nous expliquent la main sur le cœur que la France ne livre aucune arme à Israël, pas plus que des composants militaires à destination des civils. Ce sont des mensonges ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous savons qu'il n'existe aucun contrôle. Les Pays-Bas, l'Espagne, le Canada, le Japon et la Belgique ont fait un autre choix, celui de se tenir du bon côté de l'histoire. (M. Alexandre Dufosset s'exclame.) Pendant ce temps, l'industrie militaire française continue d'armer la machine de mort israélienne.

À votre complicité avec le génocide en cours s'ajoute votre silence sur les demandes du gouvernement israélien : celui-ci veut qu'Air France trie ses personnels navigants en fonction de leur nationalité. Allez-vous accepter que l'État israélien exporte sa politique d'apartheid au sein d'une entreprise française (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP), une entreprise dont l'État est actionnaire à hauteur de 28 % ?

Monsieur le ministre, je veux vous poser deux questions simples. Combien faudra-t-il de Palestiniens assassinés par Israël pour que la France décrète un embargo sur les armes et les composants militaires à destination d'Israël ? Allez-vous demander à Air France de refuser d'appliquer la politique d'apartheid social exigée par Israël ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Une fois encore, vous instrumentalisez la souffrance des Palestiniens à des fins politiques (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP)…

Mme Ségolène Amiot. Nous vous mettons face à vos responsabilités !

M. Jean-Noël Barrot, ministre. …avec une question qui manque de nuance et d'équilibre, et qui, de toute évidence, témoigne d'un manque de connaissance de ces sujets, pourtant si importants.

Vous évoquez notre politique vis-à-vis d'Israël dans le domaine des ventes d'armes. Je le répète une nouvelle fois, comme l'ont fait le premier ministre et la ministre des armées à de nombreuses reprises : nous ne vendons pas d'armes à Israël. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Nous avons toutefois pris connaissance des révélations du journal l'Humanité selon lesquelles certaines armes auraient pu être vendues à Israël…

Mme Ségolène Amiot. Ça alors !

M. Jean-Noël Barrot, ministre. …et nous avons immédiatement lancé des investigations. Nous avons pris des mesures conservatoires en attendant leurs conclusions.

M. Pierre-Yves Cadalen. Mais vous êtes au gouvernement, non ? Ça se passe comment ?

M. Jean-Noël Barrot, ministre. Au détour de votre question, vous prononcez des accusations très graves me concernant et concernant le gouvernement de la République. Aucun autre pays dans le monde ne soutient autant le peuple palestinien que la France. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Toutes vos déclarations témoignent de votre méconnaissance crasse du sujet palestinien et du conflit israélo-palestinien. La meilleure preuve en est que vous ne pouvez citer que les actions d'Urgence Palestine pour illustrer la mobilisation de la société civile. Vous vous seriez honorés à mentionner aussi des actions de la société civile, comme celle organisée ici même, à Paris, le 12 juin dernier, qui a réuni plusieurs centaines d'Israéliens et de Palestiniens mobilisés en faveur de la solution à deux États – une notion qui a définitivement quitté votre champ lexical. Eux croient véritablement à la paix et y travaillent au quotidien ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

Mme la présidente. La parole est à M. Thomas Portes.

M. Thomas Portes. Par votre inaction, vous êtes complice du génocide à Gaza. Pour une solution à deux États, il faut des Palestiniens vivants.

Mme Ségolène Amiot. Eh oui, c'est l'évidence !

M. Thomas Portes. Or, du fait de votre action, ils sont de moins en moins nombreux… La France arme l'État israélien, qui massacre les Palestiniens ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Frédéric Maillot applaudit également.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.

M. Jean-Noël Barrot, ministre. Quant à vous, vous êtes l'idiot utile (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP) de tous ceux qui, en Israël, nient le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à l'existence ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR et Dem.)

M. Pierre Cordier. Bravo !

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1855
Ministère interrogé (source)
PO873662