question au Gouvernement

Parcoursup

Hendrik Davi EcoS · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1847

Ministère interrogé
Enseignement supérieur, recherche et espace
Rubrique
Enseignement supérieur

En clair

Question au Gouvernement d'Hendrik Davi, posée en séance le 15 oct. 2026.

L'échange en séance

PARCOURSUP

Mme la présidente. La parole est à M. Hendrik Davi.

M. Hendrik Davi (EcoS). Les lycéens, qui manifestent depuis des semaines, exigent l'abrogation de Parcoursup. Ils ont raison !

M. Pierre Cordier. À 16 ans, on n'exige pas, on écoute ses parents et ses professeurs !

M. Hendrik Davi. Avec l'instauration de Parcoursup en 2019, la loi « Attal » est revenue sur le droit à la poursuite des études, un acquis essentiel de la loi Faure de 1968 – une belle année. L'obtention du bac valait alors droit à l'inscription à l'université.

M. Pierre Cordier. Le bac de 68 n'avait pas une grande valeur !

M. Hendrik Davi. Parcoursup a introduit la sélection pour toutes et tous. Parcoursup, c'est le parcours du combattant ! Un enfer pour tous les étudiants et leurs parents. Un stress insupportable, le tout pour gérer la pénurie.

Une pénurie que les gouvernements successifs ont organisée : depuis 2009, nos universités ont perdu 5 000 maîtres de conférences, tandis que le nombre d'étudiants a bondi de 735 000. Une pénurie qui laisse chaque année plus de 100 000 lycéens sur le carreau, sans compter ceux qui renoncent à leur premier choix ou qui sont contraints de déménager et qui n'arrivent pas à se loger. Une pénurie qui profite à l'enseignement supérieur privé, dont les effectifs ont triplé depuis 2001.

Ne vous en déplaise, monsieur le ministre, abroger Parcoursup, c'est possible ! Mon collègue Pouria Amirshahi vient de déposer une proposition de loi en ce sens, comme moi en 2023, dont le principe est simple : tout étudiant doit avoir une place garantie dans la licence de son choix, dans l'université de son secteur. Ni tirage au sort ni sélection : droit à l'enseignement supérieur pour toutes et tous !

Pour que l'université puisse accueillir tous les étudiants, nous proposons de recruter massivement des enseignants-chercheurs, de titulariser tous les contractuels et de revoir le statut inique des vacataires, qui dispensent à eux seuls 30 % des cours. Pour ce faire, l'argent est là : 7,6 milliards d'euros pour le crédit d’impôt recherche et 20 milliards pour l'apprentissage. Autant d'argent dont bénéficient surtout Sanofi et Galileo ! Pour répondre aux lycéens, embauchons des enseignants et construisons des universités, c'est plus intelligent que les coups de matraque des CRS !

Ma question est simple : quand ferez-vous le pari de la connaissance et du savoir au lieu de faire celui de l'ignorance et de la répression ? Quand abrogerez-vous Parcoursup ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.

M. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace. Monsieur Davi, Parcoursup, ce sont un million de jeunes et leurs familles, un million de projets ainsi que des dizaines de milliers d'hommes et de femmes qui examinent les dossiers dans les commissions et décident de la meilleure orientation. Je sais que cette étape peut être difficile pour les familles – une source de stress, de fatigue et d'inquiétude – et, bien que nous devions prendre cela en considération, ce n'est pas en répétant des contrevérités qu'elles deviendront vraies et que nous améliorerons la situation.

Laissez-moi vous rappeler quelques éléments. En 2017, dernière année avant l'instauration de Parcoursup, 3 700 bacheliers se sont retrouvés sans affectation au terme de la procédure. En 2025, malgré 200 000 candidats supplémentaires inscrits sur la plateforme, seules 38 personnes…

M. Hendrik Davi. C'est faux !

M. Philippe Baptiste, ministre. …ont saisi la commission d'accès à l'enseignement supérieur et n'ont pas bénéficié de solution – 38 !

M. Hendrik Davi. Ils étaient 100 000 !

M. Philippe Baptiste, ministre. Avant Parcoursup, le tirage au sort décidait de l'avenir des jeunes.

Mme Anna Pic. C'est faux ! Vous mentez.

M. Iñaki Echaniz. Caricature !

M. Philippe Baptiste, ministre. Est-ce cela que vous voulez remettre en place ? Avant Parcoursup, 12 000 formations étaient disponibles ; désormais on en compte 25 000, dont 11 000 en apprentissage. Je suis d'ailleurs surpris de vos propos : l'apprentissage fait tout autant partie des voies qui permettent aux jeunes de construire leur avenir.

Mme Anna Pic. Ce n'est pas le sujet !

M. Thibault Bazin. Il faut soutenir l'apprentissage !

M. Thibault Bazin. Parcoursup, c'est aussi un levier pour l'égalité des chances.

M. Pierre Pribetich. Non ! Pour l'égalité des chances, il faut des moyens !

M. Philippe Baptiste, ministre. Niez-le autant que vous voulez, mais les statistiques sont formelles : 150 000 bacheliers boursiers ont obtenu, grâce aux quotas instaurés sur Parcoursup, une place qu'ils n'auraient pas obtenue autrement.

Mme Anna Pic. Mais non !

M. Stéphane Peu. C'est absolument faux.

M. Philippe Baptiste, ministre. Parcoursup, c'est aussi la fin de l'assignation à résidence. Il n'y a jamais eu autant de lycéens issus de banlieue qui étudient aujourd'hui en Île-de-France.

M. Frédéric Maillot. Ce n'est pas vrai !

M. Hendrik Davi. Arrêtez de mentir !

M. Philippe Baptiste, ministre. Oui, il faut faire évoluer la plateforme, mais travaillons ensemble à son avenir, ainsi qu'à celui des jeunes, non pas en niant et en répandant… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro du ministre.)

M. Benjamin Lucas-Lundy. Il n'y a plus de places à l'université !

Mme Anna Pic. Tout le monde devrait avoir une place à l'université !

M. Benjamin Lucas-Lundy. C'était lunaire, monsieur le ministre de l'espace.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1847
Ministère interrogé (source)
PO873650