Liquidation judiciaire de la Fonderie de Bretagne
- Ministère interrogé
- Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Rubrique
- Emploi et activité
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En clair
Question au Gouvernement de Damien Girard, posée en séance le 14 oct. 2026.
L'échange en séance
LIQUIDATION JUDICIAIRE DE LA FONDERIE DE BRETAGNE
Mme la présidente. La parole est à M. Damien Girard.
M. Damien Girard (EcoS). Ce jeudi, la Fonderie de Bretagne sera placée en liquidation judiciaire : 250 emplois supprimés, une usine moderne condamnée, des savoir-faire industriels sacrifiés. Pourtant, ce désastre était évitable : il est le résultat de vos choix, et surtout de votre inaction.
Vous avez d'abord favorisé la reprise par Europlasma : malgré les nombreuses alertes, vous avez laissé faire, jusqu'à la catastrophe.
Vous n'avez utilisé aucun des leviers dont vous disposiez. L'État, qui détient 15 % du capital de Renault, aurait pu exiger des commandes garanties de la part de cette entreprise : vous n'avez rien fait. La direction générale de l'armement aurait pu favoriser une seconde source d'approvisionnement en corps d'obus : vous n'avez rien fait. À quoi bon annoncer 8,5 milliards d'euros pour France Munitions si vous laissez mourir les usines et les compétences nécessaires à notre défense ?
Il restait une dernière solution, la nationalisation provisoire, pour sauver l'outil industriel, préserver les compétences et préparer l'avenir. Là encore, vous n'avez rien fait.
Vous avez la souveraineté industrielle à la bouche en permanence, mais quand il faut agir, vous n'êtes nulle part. Vous n'avez été là ni pour Vencorex ni pour Michelin, pas plus que pour ArcelorMittal (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR) – et la liste est immense.
La disparition de ce site moderne et équipé, qui a déjà reçu des millions d'euros d'investissement, est non seulement une catastrophe, mais son abandon est une faute politique majeure dont vous portez la responsabilité. Aujourd'hui, 250 salariés et leur famille vont payer le prix de votre abandon. Vous avez échoué à sauver leur usine, vous n'avez pas le droit de les abandonner une seconde fois.
Quels moyens, quels engagements et quel calendrier pouvez-vous annoncer afin de garantir à ces 250 salariés une formation, une reconversion et un emploi industriel de qualité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. La situation de la Fonderie de Bretagne me tient particulièrement à cœur, car j'étais ministre de l'industrie quand l'usine a rencontré ses premières difficultés. Lorsque je suis redevenu député, j'ai accompagné mon successeur, M. Ferracci, pour organiser sa reprise par Europlasma, qui s'est révélée décevante – je vous l'accorde. Malheureusement, nous ne disposions à ce moment-là d'aucun autre repreneur. Si nous en avions trouvé d'autres, nous les aurions accompagnés.
Nous avons fait beaucoup pour cette entreprise. Depuis des mois, Sébastien Martin, ministre de l'industrie, se bat jour et nuit pour essayer de trouver un repreneur : malheureusement, cela n'a pas été possible. Je suis en désaccord avec vous lorsque vous considérez que la nationalisation constitue la solution à tous les problèmes industriels.
M. Damien Girard. Mais là, c'était le cas !
M. Roland Lescure, ministre. Je considère au contraire que nous ne sauverons pas l'industrie française en nationalisant des entreprises qui peinent à trouver des commandes ou qui sont confrontées à des enjeux de compétitivité.
Certes, nos solutions ne fonctionnent pas toujours, malheureusement. Vous avez mentionné quelques exemples où nous n'avons pas réussi à sauver l'entreprise. Mais Michelin, pardon, demeure l'un des champions mondiaux du pneu et reste implanté en France, emploie encore des milliers de salariés dans notre pays et dans le monde. Malheureusement, il arrive que nous ne parvenions ni à trouver un repreneur, ni à élaborer un plan d'affaires crédible, ni à réunir les financements nécessaires pour aller plus loin.
Dans ces situations, je vous rejoins sur le dernier point de votre question : la priorité des priorités, ce sont les salariés. En l'espèce, l'entreprise est située dans le Morbihan, département dont le taux de chômage est inférieur à la moyenne nationale et où des besoins de recrutement existent.
M. Damien Girard. C'est aujourd'hui qu'il faut mettre de l'argent !
M. Roland Lescure, ministre. Les instructions ont été données à la préfète pour accompagner les salariés dans la formation et la recherche d'emploi. Nous nous assurerons que chacun d'entre eux en bénéficie.
M. Damien Girard. Et Renault ?
M. Roland Lescure, ministre. Renault était prêt à mettre de l'argent. Contrairement à ce qui avait été le cas par le passé, la difficulté ne résidait plus dans le volume des commandes. Désormais, la priorité est d'accompagner les salariés. (M. Christopher Weissberg applaudit.)
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1840
- Ministère interrogé (source)
- PO873685