Production française et européenne de voitures électriques
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- Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Rubrique
- Transports routiers
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En clair
Question au Gouvernement de Romain Daubié, posée en séance le 14 oct. 2026.
L'échange en séance
PRODUCTION FRANÇAISE ET EUROPÉENNE DE VOITURES ÉLECTRIQUES
Mme la présidente. La parole est à M. Romain Daubié.
M. Romain Daubié. Le Mondial de l'automobile vient d'ouvrir ses portes. Pour les Français, la voiture est souvent un rêve : la première voiture, les départs en vacances… C'est souvent, aussi, leur seul moyen de transport, comme dans l'Ain ou dans bon nombre de zones rurales ou périurbaines. Enfin, derrière les nouveaux modèles exposés au Mondial, on trouve en France 4 000 entreprises, qui comptent 300 000 salariés.
Or, avec l'arrivée de l'électrique, l'industrie automobile est confrontée à une transformation historique. La Chine innove et subventionne massivement ses constructeurs pour conquérir nos marchés. En deux ans, les constructeurs chinois sont passés de 2 % à plus de 26 % de parts du marché européen. Les États-Unis dressent des barrières douanières, l'Inde impose des droits de douane et la Chine, des co-entreprises. Dans cette compétition mondiale, nos usines, nos emplois et nos savoir-faire sont en jeu.
Évitons les deux erreurs que seraient le repli et la naïveté. Notre ligne est simple : il faut une Europe ouverte, mais pas offerte. Une Europe ouverte aux investissements, à la production et à l'emploi mais une Europe exigeante sur le respect des règles de réciprocité. C'est l'ambition du projet de règlement européen sur l'accélération industrielle, qui vise à faire de l'Europe une terre productive. L'Europe est en mesure de faire respecter ses intérêts, non pas en taxant à la frontière, en faisant payer plus cher le consommateur et en comptant ses chômeurs, mais en apportant une part significative de production locale, comprise entre 70 % et 75 %, pour pouvoir faire appel au soutien public.
Monsieur le ministre, la France défend-elle cette ambition ? Le gouvernement se battra-t-il, ici, lors de nos débats budgétaires, ainsi qu'à Bruxelles, pour que nos voitures soient produites en France et en Europe ? (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Vous l'avez dit, la voiture est un rêve – un rêve qui devient un rêve électrique, et un rêve national. J'engage tous les députés à se rendre au Mondial de l'automobile – je crois que le président de la commission des affaires économiques a prévu une délégation. C'est absolument exceptionnel. On y voit des véhicules fantastiques, électriques pour la plupart, et qui font rêver. Certains véhicules sont chinois, mais les marques françaises sont présentes en force avec des voitures d'hier qui revivent leur belle vie comme la Citroën 2CV, la Renault 5 ou la DS. Très franchement, il y a de quoi être fiers !
Les véhicules électriques, qui se vendent de mieux en mieux en France – ils représentent 40 % des véhicules vendus en septembre – doivent effectivement être produits en France, en Europe. Pour cela, nous devons nous battre au niveau européen.
La France a beaucoup agi, si bien que les parts de marché des véhicules chinois sont nettement plus faibles dans notre pays. Nous avons instauré un bonus à l'achat pour les véhicules électriques fabriqués en Europe (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem), grâce à tous ceux qui ont voté cette mesure au sein des précédentes majorités. Nous pouvons en être fiers, tout en continuant le combat à l'échelle européenne.
Comme vous le savez, le président de la République achève en ce moment même une négociation avec le chancelier allemand en vue de parvenir à un accord sur l'évolution des contraintes et des critères qui nous permettront à la fois de continuer à électrifier nos flottes et d'acheter européen.
Cette démarche concerne non seulement les véhicules européens, mais aussi les pièces détachées européennes. Nous devons soutenir les nombreux fournisseurs – petites, moyennes et grandes entreprises – présents dans nos territoires, notamment dans le vôtre.
La France agit à Paris et à Bruxelles, mais aussi auprès de la Chine, avec laquelle nous avons signé un accord visant à réduire les importations de véhicules hybrides. Nous poursuivrons nos efforts en ce sens. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1838
- Ministère interrogé (source)
- PO873685