Fusillade à Aubagne et violences dans les établissements scolaires
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En clair
Question au Gouvernement de Thierry Tesson, posée en séance le 14 oct. 2026.
L'échange en séance
FUSILLADE À AUBAGNE ET VIOLENCES DANS LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES
Mme la présidente. La parole est à M. Thierry Tesson.
M. Thierry Tesson (RN). Hier, dans un collège d'Aubagne situé dans la circonscription de ma collègue Joëlle Mélin, à laquelle je m'associe pour cette question, un élève de troisième a tiré avec une arme à feu sur des personnels, blessant le principal ainsi qu'une enseignante.
Nous atteignons avec ce drame, dont on espère qu'il ne se reproduira pas, le point culminant de plusieurs semaines de violences. Le système scolaire français n'en avait jamais connu de telles : menaces de mort, agressions, établissements incendiés ou saccagés, plus d'une centaine de personnels blessés. Le bilan humain et matériel s'avère donc extrêmement lourd. Depuis le début de cette séquence, que faites-vous pour prévenir ces agressions ? Quelles mesures avez-vous prises pour protéger les proviseurs, les enseignants et l'ensemble des personnels ? Vous intervenez toujours après les faits !
M. Pierre Cordier. C'est difficile d'intervenir avant !
M. Thierry Tesson. Vous les commentez, vous vous déplacez dans les établissements, mais ce qu'attendent les équipes éducatives, c'est de venir au travail sans avoir la peur au ventre. Plus généralement, tout démontre que l'impunité nourrit cette violence désinhibée. Où sont les sanctions contre les agresseurs et les auteurs des dégradations ? Quand exigerez-vous la réunion des conseils de discipline pour que les auteurs de ces actes inacceptables soient définitivement exclus de leur établissement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
M. Aurélien Rousseau. Mais quelle bonne idée… Cela ne réglera pas tout !
M. Thierry Tesson. Enfin, publierez-vous les bilans de ces conseils de discipline ainsi que le nombre de protections fonctionnelles accordées aux personnels depuis le début de ces événements ? La France attend du concret, pas des concertations qui visent avant tout à gagner du temps jusqu'aux vacances de la Toussaint. Espérons-le, ces congés mettront fin à cette épouvantable séquence. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Vous mettez en rapport des événements qui, certes, témoignent tous d'une violence débridée, mais qui ne sont pas directement liés. L'acte criminel qui s'est produit hier doit être dissocié du mouvement lycéen – même s'il existe effectivement dans notre société une violence débridée, qui s'exerce notamment contre l'institution scolaire. Dès le début, certains individus ont très clairement perverti ce mouvement dans l'objectif de s'en prendre aux proviseurs, aux professeurs, aux personnels et à l'institution. Quelque 147 membres du personnel ont été blessés depuis le début du mouvement, ce qui est absolument inédit dans l'histoire de l'éducation nationale.
M. Thibault Bazin. C'est énorme !
M. Édouard Geffray, ministre. Par ailleurs, plusieurs millions d'euros de dégâts ont été causés sur nos bâtis.
Il existe deux types de réponses. Le premier relève du ministre de l'intérieur, et consiste à intervenir en cas de réactions ou de comportements violents. Le second est une réponse interne à l'institution. Elle est très claire : tout élève coupable de destruction ou d'atteinte aux biens et aux personnes sera convoqué en conseil de discipline. Tous ceux qui s'en seraient pris physiquement aux personnels seront dès lors très probablement – sans m'approprier les décisions des instances – exclus.
M. Alexandre Dufosset. Vous le dites sans beaucoup d'enthousiasme !
M. Édouard Geffray, ministre. Tout cela n'empêche pas de recueillir les paroles de ceux d'entre les lycéens qui s'expriment dans un cadre légal comme le droit de manifester. À l'heure où je vous parle, 88 000 lycéens ou groupes de lycéens ont ainsi participé à une plateforme démocratique. Nous avons là les deux visages de la contestation : d'un côté, une petite minorité ultraviolente, à la violence débridée et banalisée, qu'il faut naturellement sanctionner et dont il faut s'interroger sur le profil ; de l'autre, ceux qui adoptent une réponse démocratique.
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1836
- Ministère interrogé (source)
- PO873652