question au Gouvernement

Fusillade au collège d’Aubagne

Emmanuel Riotte HOR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1830

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement

En clair

Question au Gouvernement d'Emmanuel Riotte, posée en séance le 14 oct. 2026.

L'échange en séance

FUSILLADE AU COLLÈGE D'AUBAGNE

Mme la présidente. Avant de lui donner la parole, je suis heureuse de souhaiter, en votre nom, la bienvenue à M. Emmanuel Riotte, devenu député de la 3e circonscription du Cher le 8 octobre en remplacement de M. Loïc Kervran. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)

M. Emmanuel Riotte (HOR). Madame la présidente, chers collègues, merci pour votre accueil.

Hier, au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, un adolescent de 14 ans a ouvert le feu avec un fusil de chasse. Un principal et une enseignante ont été blessés. Des élèves ont vécu des heures d’angoisse. Grâce au courage des personnels, le pire a été évité.

Au nom du groupe Horizons & indépendants, j’adresse aux victimes notre plus sincère soutien et nos vœux de prompt rétablissement. Nos pensées vont également aux élèves, à leurs familles et à toute la communauté éducative.

À cette douleur s’ajoute une tristesse profonde : celle de voir de tels drames se répéter. Il y a trois ans, jour pour jour, Dominique Bernard était assassiné à Arras. Nous n’oublions pas non plus Samuel Paty, assassiné il y a six ans à Conflans-Sainte-Honorine. Sans confondre des événements de nature différente, ils nous rappellent une même exigence : protéger notre école et ceux qui la font vivre.

Aujourd’hui, c’est Aubagne, terre de Marcel Pagnol et de transmission, qui est meurtrie. Et son inquiétude est partagée partout en France, jusque dans le Cher, où nos familles et nos personnels éducatifs attendent de la République qu’elle les protège.

Notre jeunesse va mal : mal-être psychologique, isolement, harcèlement, exposition aux contenus violents. Nous devons mieux repérer les signaux d’alerte, accompagner les familles et donner aux équipes éducatives les moyens d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Monsieur le premier ministre, quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour prévenir les violences chez les jeunes, mieux prendre en charge leur souffrance psychique et garantir la sécurité des enseignants et des élèves ? Êtes-vous également prêt à aller plus loin, notamment en réexaminant le rétablissement des peines planchers pour les auteurs de violences physiques contre des agents publics ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe DR.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Merci d'avoir exprimé la souffrance de la nation. Mes premières pensées vont au principal, que j'ai pu rencontrer hier soir à l'hôpital, aux membres de l'équipe pédagogique, avec qui j'ai pu m'entretenir lors d'un déplacement aux côtés du ministre de l'intérieur et de la ministre déléguée Sabrina Roubache, et à l'ensemble de la communauté éducative locale.

Comme vous l'avez dit, les commémorations de l'assassinat par un terroriste islamiste de Dominique Bernard, aujourd'hui même, et de celui de Samuel Paty le 16 octobre 2020, dans trois jours, donnent à cet acte criminel une résonance très particulière. Si les contextes sont différents, ces crimes témoignent tous d'une banalisation du mal et de l'extrême violence, mais aussi de l'explosion d'un tabou, celui qui garantissait l'inviolabilité de la personne du professeur.

Par conséquent, la réponse ne peut passer uniquement par l'école, bien qu'elle passe aussi par l'école. Il convient notamment de sécuriser les abords et les accès des établissements scolaires – nous en parlions hier avec la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône – et d'améliorer la prise en charge de la souffrance psychique de nos jeunes. C'est pourquoi nous renforçons la médecine scolaire : 300 postes ont été ouverts en 2026 et nous proposons d'en ouvrir 300 pour 2027. Il faut aussi accélérer la prise en charge des jeunes en très grande détresse psychique. Nous y avons contribué, Mme la ministre de la santé et moi-même, en instaurant une instruction coupe-file, qui permet à un personnel de santé des écoles d'adresser directement un élève en situation de détresse psychique à un praticien, en ville ou à l'hôpital.

Au-delà de ces mesures et de toutes les actions que nous pourrons mener, nous sommes confrontés à un enjeu sociétal, qui nous implique collectivement, en tant que parents, amis ou proches : faire comprendre à nos jeunes et à nos enfants que la violence sous toutes ses formes, à commencer par celle des mots, doit être évincée de l'espace public comme privé. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1830
Ministère interrogé (source)
PO873652