question au Gouvernement

Mobilisation lycéenne

Antoine Valentin UDR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1824

Ministère interrogé
Intérieur
Rubrique
Sécurité des biens et des personnes

En clair

Question au Gouvernement d'Antoine Valentin, posée en séance le 8 oct. 2026.

L'échange en séance

MOBILISATION LYCÉENNE

Mme la présidente. La parole est à M. Antoine Valentin.

M. Antoine Valentin (UDR). Au nom de mon groupe, j'ai d'abord une pensée pour les centaines d'enseignants agressés, les pompiers pris pour cible et les centaines de gendarmes et de policiers blessés dans l'accomplissement de leur devoir. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Mme Léa Balage El Mariky et Mme Sandrine Runel. Et les lycéens ?

M. Antoine Valentin. J'ai évidemment aussi une pensée de compassion pour les lycéens blessés.

Monsieur le premier ministre, vous avez affirmé il y a quelques jours que La France insoumise portait une responsabilité immense dans le chaos que connaît notre pays. Sur ce point, vous avez raison. Les responsables des agressions qu'ont subies des centaines de policiers et de gendarmes, ce sont eux, qui siègent sur les bancs de La France insoumise ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

M. Christophe Bex. Oh, arrêtez !

M. Antoine Valentin. Les responsables du ciblage des pompiers, de l'incendie des véhicules, du saccage des services publics, ce sont eux, sur les bancs de La France insoumise ! Les responsables des blessures et des mutilations des lycéens sont aussi ceux qui les ont manipulés, excités, dressés contre les forces de l'ordre : ce sont encore eux, sur les bancs de La France insoumise ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Jean-François Coulomme. Tartuffes !

M. Antoine Valentin. Mais monsieur le premier ministre, qui a armé politiquement le bras de La France insoumise ? C'est vous, avec vos alliés du socle commun ! (Sourires sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Il y a deux ans, quand notre coalition était aux portes du pouvoir, 129 candidats du NFP se sont retirés au profit des vôtres et vous leur avez rendu la pareille. (« Bravo !» et applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.) Vous ne pouvez pas vous allier avec La France insoumise lorsque vous risquez de perdre vos sièges pour la désigner ensuite comme ennemie politique quand la France s'embrase !

Allez-vous, comme le demande Éric Ciotti, notre président, révoquer en conseil des ministres le maire LFI de Saint-Denis…

M. Jean-François Coulomme. Ah, il est noir et ça vous gêne, hein ?

M. Pouria Amirshahi. Fascistes !

M. Antoine Valentin. …et prendre ici l'engagement de ne plus jamais vous allier à Jean-Luc Mélenchon et à ses troupes ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

M. Jean-François Coulomme. Racistes ! Fascistes ! (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)

Mme la présidente. Monsieur le député, cessez immédiatement !

La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur. Monsieur le député, vous relevez certains comportements de parlementaires de La France insoumise dont on a pu considérer que non seulement ils incitaient les jeunes à manifester,…

Mme Marie Pochon. Ils n'ont pas besoin d'y être incités !

M. Laurent Nuñez, ministre. …mais aussi qu'ils légitimaient la violence, soit par leurs déclarations, soit en s'interposant entre les forces de sécurité intérieure et les manifestants. Vous avez raison de considérer que leurs propos ont pu inciter certains jeunes à basculer du côté de la violence. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

M. Emmanuel Duplessy. Ça va, le complotisme ne vous gêne pas trop ?

M. Laurent Nuñez, ministre. C'est pourquoi les préfets ont des instructions pour systématiquement saisir la justice au titre de l'article 40 du code de procédure pénale quand il semble que certaines déclarations relèvent de l'incitation.

Dans ma carrière administrative, j'ai souvent eu à instruire des dossiers de dissolution de groupuscules sur ce type de griefs. Si je connais donc les procédures en la matière, vous comprendrez bien que, s'agissant d'une formation politique qui compte de nombreux députés, nous allions dans cette direction avec beaucoup de précautions.

Mme Marie Pochon. Mais vous y allez quand même ! Super…

M. Laurent Nuñez, ministre. En tout cas, chaque fois que la justice pourra être saisie, nous le ferons de manière intraitable et implacable.

Mme la présidente. La parole est à M. Antoine Valentin.

M. Antoine Valentin. Vous n'avez pas répondu à ma question. Vous n'avez fait que citer vos états de service, qui ne démontrent qu'une chose : on peut avoir été un très grand préfet de police et être un petit ministre de l'intérieur. (Protestations sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

M. Jean Terlier. Tu ne vaux pas mieux que ceux qui te font face !

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre.

M. Laurent Nuñez, ministre. Je ne sais pas si je suis un petit ministre de l'intérieur, mais je suis ministre de l'intérieur et j'étais un haut fonctionnaire de la République. Je suis donc un peu inquiet quand je vois que vous avez comme projet de dissoudre ou d'interdire une formation politique qui a des représentants à l'Assemblée nationale.

M. Emmanuel Duplessy. Ah, tout de même !

M. Laurent Nuñez, ministre. Moi, je suis ministre de l'intérieur ; vous, soyez à la hauteur des principes de la République française ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR ainsi que sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1824
Ministère interrogé (source)
PO873643