question au Gouvernement

Situation des finances publiques

François Jolivet HOR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1822

Ministère interrogé
Porte-parole du Gouvernement et Énergie
Rubrique
Finances publiques

En clair

Question au Gouvernement de François Jolivet, posée en séance le 8 oct. 2026.

L'échange en séance

SITUATION DES FINANCES PUBLIQUES

Mme la présidente. La parole est à M. François Jolivet.

M. François Jolivet (HOR). La commission des finances a commencé aujourd'hui l'examen du budget. Au moment où nous nous parlons, la France emprunte à dix ans à un taux de près de 5 % ; il y a un an, il s'élevait à 3,5 %. Notre pays n'est pas encore au bord du précipice, mais l'alerte est sérieuse ; or une alerte, ça ne se commente pas : ça se traite.

Regardons les chiffres en face : en 2027, notre dette atteindra 3 814 milliards d'euros.

M. Pierrick Courbon. Merci Macron !

M. François Jolivet. L'État dépensera 549 milliards et son déficit s'élèvera à 156 milliards. La sécurité sociale dépensera 696 milliards – davantage que le budget de l'État !

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi. C'est votre bilan !

M. Pierre Cordier. Il faut en parler à Édouard Philippe !

M. François Jolivet. Quant aux intérêts de la dette, leur montant sera de 91 milliards, 12 de plus que l'année dernière, ce qui en fera le deuxième poste budgétaire du pays.

M. Iñaki Echaniz. Merci Édouard Philippe !

M. François Jolivet. Le passé n'a pas d'avenir, mais ayons l'honnêteté de reconnaître qu'en les suspendant, nous avons collectivement renoncé à conserver des réformes qui avaient été adoptées. Ce n'est jamais le moment de réformer, d'appliquer ! D'ailleurs – je le dis en réponse aux commentaires que j'entends lorsque je parle –, les conservateurs ne sont pas sur les bancs que l'on croit : pour certains, il s'agit de ne rien changer pour durer. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Toutes les concessions ne sont pas bonnes à faire. L'histoire tranchera.

Le gouvernement propose un effort de 50 milliards, que nous saluons, mais 18 milliards viennent de recettes nouvelles, dans un pays qui est pourtant le plus taxé au monde. Le principe de réalité nous rattrape : il faudra prendre des réformes structurelles choisies et non imposées par d'autres, car le rôle de la politique est d'offrir un avenir meilleur aux générations futures,…

M. Stéphane Peu. En les faisant travailler jusqu'à 67 ans !

M. François Jolivet. …non de leur léguer des factures. Le groupe Horizons & indépendants veut que ce budget réussisse et nous y prendrons notre part. Nous souhaitons connaître le plan d'action du gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie.

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, et ministre déléguée chargée de l’énergie. Je sais votre groupe particulièrement attaché à la baisse des dépenses. Vous l'avez dit : le contexte national et international est très complexe et contraint. Je pense, sur le plan national, aux dures semaines vécues cet été ainsi qu'à leur impact, notamment sur les récoltes agricoles, l'inflation et les prix du carburant, et sur le plan international, aux événements qui se déroulent au Moyen-Orient depuis février et suscitent l'inflation, qui entraîne la hausse des taux. Il faut regarder lucidement cette réalité et je sais que vous le ferez.

Cette année, le déficit sera de toute évidence supérieur à 5 %. Il est impératif qu'il soit inférieur à 5 % l'année prochaine. Pour y parvenir, nous aurons besoin de vous. Le gouvernement a tracé quelques lignes claires sur sa copie de départ, qui sera discutée au Parlement. D'abord, le gros de l'effort devra être supporté par l'État,…

M. Alexandre Dufosset. C'est faux !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. …d'où le gel des crédits des ministères – exception faite de la défense –, qui constitue un effort considérable demandé à l'ensemble des ministères représentés ici. Le budget des collectivités territoriales suivra le niveau de l'inflation et une priorité sera donnée à la santé – on en voit la nécessité dans chacune de nos circonscriptions : l'augmentation de l'Ondam sera supérieure à l'inflation.

À la fin, c'est le Parlement qui votera. Il devra prendre le contre-pied tant des augmentations d'impôt de 35 milliards d'euros que le RN a votées l'année dernière…

Quelques députés du groupe RN. C'est faux !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. …et du budget complètement factice qu'il a présenté hier, que de la folie fiscale de La France insoumise. Nous aurons donc besoin de l'ensemble des groupes raisonnables, attachés à l'intérêt supérieur de l'État et à la réduction du déficit.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1822
Ministère interrogé (source)
PO879412