question au Gouvernement

Mobilisation lycéenne

Louis Boyard LFI-NFP · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1817

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement

En clair

Question au Gouvernement de Louis Boyard, posée en séance le 7 oct. 2026.

L'échange en séance

MOBILISATION LYCÉENNE

Mme la présidente. La parole est à M. Louis Boyard.

M. Louis Boyard (LFI-NFP). Monsieur le ministre de l’éducation nationale, nous avons un gros problème. (« Ah oui ! » et sourires sur plusieurs bancs du groupe RN.) Des centaines de milliers de jeunes sont dans la rue. Depuis deux semaines, les lycées sont bloqués. Vous êtes celui qui doit débloquer la situation, mais vous êtes incapable de comprendre ce que veut la jeunesse. Incapable de comprendre que les lycéens ne rentreront pas dans leurs salles de classe tant qu’ils y seront à quarante, tant qu'il y fera trop froid l'hiver et trop chaud l'été, tant qu'elles seront trop sales, tant que les élèves qui ont un handicap ne seront pas accompagnés, tant qu'il n'y aura pas dans chaque lycée des infirmiers, des conseillers d'orientation et des psychologues. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Sandrine Rousseau applaudit également.)

Voilà que vous nous inventez une mascarade : le dialogue dans les lycées, pour parler des problèmes qui se posent ! Vous avez déjà les chiffres sur le mauvais bâti scolaire et sur le manque de personnel et d'enseignants. Vous êtes un menteur ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Pour répondre concrètement à ce que demandent les jeunes, il va falloir que vous sortiez le carnet de chèques ! (Mêmes mouvements.) Vous devez comprendre que ces jeunes ne veulent pas continuer de faire des journées de 8 heures à 18 heures pour, finalement, se faire trier par la mascarade de méritocratie qu’est Parcoursup, se faire recaler à la fac, entrer dans une filière qu’ils n’aiment pas, finir à la distribution alimentaire comme étudiants précaires ou être payés moins qu'un smic, comme apprentis.

M. Pierre Cordier. Gauchiste !

M. Louis Boyard. Voilà pourquoi les étudiants ont rejoint la mobilisation ; et pour résoudre tout cela, il va falloir que vous sortiez le carnet de chèques ! (Mêmes mouvements.)

M. Patrick Hetzel. C'est celui des Français !

M. Louis Boyard. Toutes ces revendications coûteraient 10 milliards à satisfaire. Vous pouvez le faire et vous le ferez. Parce que ce n’est pas en tirant à la lacrymo sur des adolescents, ce n'est pas en étranglant une lycéenne, ce n'est pas en éborgnant un jeune, ce n'est pas en arrachant la main d’un ado de 15 ans que vous allez les arrêter ! La jeunesse vient de prendre conscience d'elle-même. Vous avez été trop loin. Elle s'est déjà trop sacrifiée pour reculer maintenant.

Monsieur le ministre de l'éducation nationale, acceptez que vous avez perdu, que les jeunes ont raison depuis le début. Allez-vous sortir le carnet de chèques, donner ces 10 milliards pour l’égalité et la dignité de la jeunesse ? (Mêmes mouvements.) Ou doivent-ils continuer de bloquer tous les jours, vous faire démissionner et obliger le ministre qui viendra après vous à sortir, lui, le carnet de chèques ? (L'orateur brandit un carnet de chèques. – Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Monsieur le député, vous avez un problème. (« Ah ! » et sourires sur divers bancs.)

M. Patrick Hetzel. Et pas qu'un !

M. Édouard Geffray, ministre. Nous sommes dans un État de droit, un État démocratique, où existe une liberté de manifester mais aussi un droit à l'instruction, où la violence n'a pas sa place. Lorsque l'on vous entend – je crois que c'est votre candidat à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon – parler de « discipline du combat » (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP),…

M. René Pilato. Répondez à la question !

M. Édouard Geffray, ministre. …lorsque l'on vous entendait il y a deux ou trois ans, lors de votre premier « blocus challenge », parler de semer une panique générale, lorsque l'on entend le maire de Saint-Denis déclarer que la violence peut être légitime,…

Mme Nadège Abomangoli. Ce n'est pas vrai !

M. Théo Bernhardt. Si, c'est ce qu'il a dit !

M. Édouard Geffray, ministre. …bref, lorsque l'on souffle sur les braises, on ne peut se disculper ensuite de l'incendie. Pardonnez-moi, monsieur le député, mais je crois, je le répète, que vous avez un problème ; la meilleure preuve en est que lorsque nous apportons…

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi. Ne faites pas notre psychanalyse, répondez à la question !

M. Édouard Geffray, ministre. Pourquoi criez-vous lorsqu'on vous répond, madame ? (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Bien ! Alors ?

M. Arnaud Le Gall. Vous êtes le mépris incarné !

M. Théo Bernhardt. Bordélisateurs en chef !

M. Édouard Geffray, ministre. Nous avons ici un exemple typique du problème qui est le vôtre : jamais, au grand jamais on ne peut vous répondre sans que vous provoquiez, sans que vous hurliez. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je termine, cela ne vous dérange pas ? Merci.

Vous-même, à l'instant, avez qualifié le cadre démocratique que nous proposons – le seul permettant de trouver des solutions concrètes et ne pas seulement recourir au carnet de chèques – de mascarade. La démocratie lycéenne, monsieur le député, n'est pas une mascarade ; écouter les intéressés, répondre à leurs problèmes au cas par cas, n'est pas une mascarade. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous servez la division ; vous servez la haine.

Mme Marie Pochon. Répondez à la question !

M. Édouard Geffray, ministre. Nous, nous servons l'intérêt général : chacun sa zone de confort ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Louis Boyard brandit de nouveau un carnet de chèques.)

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1817
Ministère interrogé (source)
PO873652