Mobilisation lycéenne
- Ministère interrogé
- Éducation nationale
- Rubrique
- Enseignement
La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)Les autres questions au Gouvernement →
En clair
Question au Gouvernement de Maxime Michelet, posée en séance le 7 oct. 2026.
L'échange en séance
MOBILISATION LYCÉENNE
Mme la présidente. La parole est à M. Maxime Michelet.
M. Maxime Michelet (UDR). Jean Zay voulait que l'école soit « l'asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas ».
M. Arnaud Saint-Martin. Il a été assassiné par la Milice, par l'extrême droite !
M. Maxime Michelet. Depuis une semaine, cet asile est pris d'assaut par l'extrême gauche, qui nous rejoue Mai 68, le mélenchonisme tenant lieu de maoïsme et les mortiers de pavés. Si l'expression lycéenne est légitime, la violence ne l'est jamais, et les blocus ne sont pas des écoles de citoyenneté mais des cours de bolchévisme et de violence politique. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cette violence est intolérable, blessant élèves, personnels éducatifs et forces de l'ordre dans des proportions sans précédent. Cette violence coûtera par ailleurs des millions à la France et, contrairement à Mme Binet, nous ne pensons pas que ce soit au contribuable de payer.
Mme Clémence Guetté. Et les millions de la voleuse ?
M. Maxime Michelet. C'est pourquoi, avec Éric Ciotti, le groupe UDR propose que les dégâts soient payés par les casseurs et par leurs familles, que leurs allocations soient suspendues, tout comme leur accès au parc social. La responsabilisation des familles est nécessaire pour mettre fin à la violence. À la violence qui se répand dans nos villes, mais qui est aussi le quotidien de tant d'établissements.
L'indiscipline que nous constatons dans nos rues existe en effet dans nos classes, et les résultats du Pisa l'ont cruellement rappelé : la France est le pays d'Europe où l'indiscipline est la plus forte. Selon l'Unsa, que l'on ne peut pas suspecter d'être une succursale du bloc national, 68 % des professeurs constatent une augmentation de la violence à l'école. Cette violence est un facteur majeur de la crise des vocations comme de la baisse du niveau scolaire. Alors, puisque la jeunesse nous demande légitimement de lui garantir un avenir meilleur, ayons le courage de lui dire qu'elle a aussi besoin d'autorité («Ah ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) et que le respect de l'autorité est une condition de la vie collective.
M. Erwan Balanant. Le retour du fouet à l'école !
M. Maxime Michelet. Vous auriez dû, monsieur le ministre, conditionner l'ouverture du dialogue à l'arrêt des violences, car on ne dialogue pas sous la pression du chaos. Vous ne jurez que par la « démocratie lycéenne », mais nos lycées ne sont pas des soviets autogérés, et votre démocratie supposée n'est que démagogie. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.) Nos jeunes ont besoin d'une autorité à l'écoute mais, pour cela, encore faut-il qu'il y ait une autorité. Monsieur le ministre, quand parlerez-vous enfin d'autorité ? (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. En écoutant les différents orateurs qui se sont exprimés depuis tout à l'heure, je suis paradoxalement assez conforté dans l'idée qu'il existe une forme d'équilibre, qui est le propre de l'État de droit. (M. Erwan Balanant applaudit.) Pardonnez-moi, mais j'y crois depuis le début. Dans un État de droit, on réagit avec fermeté quand des casseurs s'en prennent à l'institution et on condamne, dès qu'elles ont lieu, les violences faites aux personnels de l'éducation nationale – certains bancs ne l'ont pas fait. Dans un État de droit, on écoute aussi les gens qui s'expriment, soit par des blocages, soit dans le cadre de la liberté de manifestation. Je me réjouis qu'aujourd'hui ce soit dans un cadre légal, démocratique, organisé et encadré que cela ait lieu. Et on essaie de trouver des solutions.
Les lycéens qui protestent aujourd'hui ne font pas des revendications « en l'air » ou par hasard. Ils expriment un certain nombre d'attentes qui sont réelles et profondes. Ont-ils raison partout, sur tout ? Probablement pas : c'est l'objet même de la discussion avec les adultes que de déterminer ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas, ce qui est légitime et ce qui ne l'est pas. Mais évacuer leurs revendications et prétendre qu'elles sont illégitimes au prétexte que leurs rassemblements sont infiltrés par des groupuscules, ce n'est pas possible non plus. Il n'y a qu'une seule solution : redonner à tout le monde un cadre démocratique un tant soit peu respectueux…
Mme Mathilde Panot. Dans une démocratie, on ne blesse pas les enfants !
M. Édouard Geffray, ministre. …parce qu'il se trouve que nous formons des consciences républicaines.
Je n'ai pas conditionné l'ouverture des discussions avec les lycéens au fait que des voyous cessent de balancer des mortiers. Je vais recréer dans l'abri qu'est l'école un cadre républicain et démocratique où l'on puisse discuter. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) C'est l'objet même de cette institution. Les voyous seront poursuivis et sanctionnés, les lycéens seront écoutés.
Quant à ceux qui portent atteinte aux professeurs et aux personnels, il en sera pour eux comme il en a toujours été : ils seront poursuivis et sanctionnés et nos professeurs seront protégés. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et Dem.)
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1816
- Ministère interrogé (source)
- PO873652