question au Gouvernement

Mobilisation lycéenne

Arnaud Bonnet EcoS · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1815

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement

En clair

Question au Gouvernement d'Arnaud Bonnet, posée en séance le 7 oct. 2026.

L'échange en séance

MOBILISATION LYCÉENNE

Mme la présidente. La parole est à M. Arnaud Bonnet.

M. Arnaud Bonnet (EcoS). Depuis deux semaines, les lycéens et les étudiants se mobilisent. Je veux le rappeler en ces lieux chargés d'histoire : leur mobilisation est légitime et nous la soutenons. Quand des lycéens perdent une année entière de scolarité dans les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis parce que votre ministère supprime des postes et ne met pas de remplaçants dans les classes, il est plus que légitime qu'ils se mobilisent.

Leurs demandes sont simples et ce sont celles que nous vous faisons chaque année. Tout d'abord, il faut plus d'enseignants. On ne peut pas enseigner et prendre du temps pour chacune et chacun quand on a trente-cinq ou quarante élèves. Vous êtes comptable de nos classes parmi les plus chargées d'Europe ! Les lycéens expriment des besoins essentiels, dont nous devrions tous avoir honte : ils demandent des bâtiments chauffés l'hiver et protégés l'été, des toilettes propres, de l'eau du robinet qui ne soit pas marron, des tables, des chaises. C'est simple, basique ! Ils vous demandent un avenir auquel vous avez eu droit. Un avenir sans Parcoursup, cette plateforme qui accentue toujours plus la pression scolaire, alors qu'elle a été rejetée dès sa mise en place. Ces revendications, ce sont celles d'une jeunesse qui vous crie qu'elle est asphyxiée sous le poids de vos politiques.

Devant vous, j'assume, en tant qu'enseignant et en tant que député, d'être l'un des porte-voix de leur colère, parce que j'ai été témoin de ce qu'ils décrivent pendant vingt-cinq ans et que c'est ma colère qui m'a mené sur ces bancs. Et chaque année, au moment du budget, ce sont les mêmes économies : le fonds Vert a été divisé par trois depuis 2024, alors que nos bâtiments scolaires ont tant besoin de rénovations et que nous aurions besoin de 4 milliards d'euros par an !

Les solutions, ils vous les ont données. Ouvrez les yeux sur les bâtiments en ruine et les fenêtres qui ne s'ouvrent pas. Cessez de mettre en avant notre prétendu catastrophisme et, avec des médias complaisants, de raconter que tout est de leur faute et qu'ils ne sont que des sauvages, en les déshumanisant. La violence que représentent quelques poubelles brûlées n'égalera jamais celle que vous faites subir aux corps, aux esprits et à l'avenir de nos enfants.

Demain, nous commencerons l'examen de votre budget pour 2027.

Mme la présidente. Veuillez conclure, monsieur le député.

M. Arnaud Bonnet. Allez-vous bousculer votre budget pour trouver les ressources dont nous avons besoin ?

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.

M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Monsieur Bonnet, je connais vos convictions. Nous pouvons avoir des désaccords plus ou moins profonds – mais aussi des accords – en matière éducative, mais vous entendre dire que nous déshumanisons les élèves… j'ai franchement du mal à l'avaler. Il y a quand même des limites, il y a vraiment des limites. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Cyrielle Chatelain. Il parlait des interventions de la police !

M. Édouard Geffray, ministre. Depuis le début des événements, y compris lorsque personne n'y prenait garde, j'ai expliqué qu'il fallait veiller à ne pas inciter à la violence, à des blocages dont on savait déjà qu'ils étaient infiltrés par des membres ultraviolents qui tiraient des mortiers sur les élèves. Depuis le début, j'ai dit qu'il y avait des revendications légitimes qu'il fallait distinguer de ces violences et qu'il fallait traiter. C'est ce que nous faisons. Tant et si bien, d'ailleurs, que plus personne ne parle du lycée Antoine-de-Saint-Exupéry de Créteil, d'où tout est parti, parce que j'ai personnellement réglé la question. Je l'ai suivi dès le départ, ce lycée.

Mme Clémence Guetté. Ils se sont mis en grève en février ! Vous êtes un menteur, monsieur le ministre !

M. Édouard Geffray, ministre. Je crois qu'ils sont de retour…

M. Arnaud Le Gall. On répondra à vos mensonges un par un !

Mme la présidente. Monsieur Le Gall, s'il vous plaît !

M. Arnaud Le Gall. Rappelez-les à l'ordre, madame la présidente !

Mme la présidente. Monsieur Le Gall !

M. Édouard Geffray, ministre. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il faut traiter les sujets un par un. Et l'examen du projet de loi de finances, qui est le lieu du débat démocratique, doit permettre de le faire. En matière de santé scolaire – une question qui, je crois, vous tient à cœur –, nous avons créé 300 ETP l'année dernière et nous nous proposons d'en créer 300 autres cette année. S'agissant de l'accompagnement des élèves et de la vie scolaire, nous proposons la création de 200 postes de conseiller principal d'éducation – comme cela nous a été demandé. En Seine-Saint-Denis, où j'ai travaillé cette année à la lutte contre la grande difficulté scolaire, nous sommes repartis pour la première fois, à la rentrée 2026, de l'indice de position sociale des établissements pour moduler les heures de dotations spécifiques qui leur sont attribuées. Les collèges qui ont l'IPS le plus faible ont six fois plus d'heures spécifiques que les autres : c'est une manière de leur venir en aide. Nous faisons ce travail au quotidien, avec les personnels de l'éducation nationale et tous ceux qui se battent, comme vous, mais avec une méthode différente, contre les inégalités scolaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1815
Ministère interrogé (source)
PO873652