Taxes sur le carburant
- Ministère interrogé
- Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Rubrique
- Impôts et taxes
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En clair
Question au Gouvernement de Pierre Meurin, posée en séance le 7 oct. 2026.
L'échange en séance
TAXES SUR LE CARBURANT
Mme la présidente. La parole est à M. Pierre Meurin.
M. Pierre Meurin (RN). Monsieur le ministre de l'économie et des finances, vos éminents prédécesseurs étaient bien plus visionnaires que vous. En 1951, le gouvernement affectait la taxe sur les produits pétroliers à un fonds spécial d'investissement routier, à l'initiative d'Antoine Pinay. Grâce à une sagesse politique dont vous êtes dépourvu, le réseau routier français est alors devenu le meilleur et le plus sûr du monde. Après dix ans de macronisme, nos routes ne sont plus que dix-huitièmes au classement mondial, et le litre de gazole est aujourd'hui à 2,40 euros.
Quant à l'accise sur les carburants, ex-TICPE, elle ne sert plus à financer nos infrastructures pour l'avenir, mais à rembourser les intérêts d'une dette que vous avez creusée de façon abyssale, à hauteur de 1 320 milliards d'euros. Résultat, les routes françaises continuent de se dégrader, mais vous continuez à ponctionner 1 à 1,20 euro de taxes par litre de carburant pour rembourser vos gabegies.
Face à l'explosion du prix des carburants, votre réponse politique est presque insultante pour les Français, puisque vous proposez aux plus modestes d'entre eux de mendier un chèque de 100 euros, c'est-à-dire un minuscule plein d'essence. C'est indigne. Je pense à la France du travail, à nos agriculteurs, à nos artisans, à nos infirmières libérales ; eux ne cassent rien, contrairement à d'autres, mais ils paient en silence les pots cassés de cette épouvantable parenthèse historique que l'on appelle le macronisme et dont la devise est Fort avec les faibles, faible avec les forts.
Dès le budget rectificatif de 2027, nous baisserons les taxes sur le carburant (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) mais c'est maintenant que les automobilistes souffrent. Monsieur le ministre, des milliers de Français se limitent à 10 litres de carburant pour ne pas dépasser leur plafond de découvert. Dans votre fin de règne si lugubre, allez-vous enfin baisser les taxes sur le carburant ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Dire que votre question me surprend serait mentir. Je m'y attendais, puisque vous nous la posez toutes les semaines depuis le début de cette crise, d'une manière ou d'une autre.
Mme Laure Lavalette. Nous la posons depuis cinq ans !
M. Roland Lescure, ministre. Faire référence aux grands anciens qui nous ont précédés, en l'occurrence à Antoine Pinay, pour justifier des choix politiques pour le moins hasardeux, c'est un peu fort de café ! La réponse que je vais vous faire est celle que je vous ai déjà faite à plusieurs reprises dans cet hémicycle : nous préférons être forts avec les faibles. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous préférons aider celles et ceux qui en ont le plus besoin et ne pas gaspiller de l'argent public pour aider des gens qui n'en ont pas besoin.
Vous dites que 100 euros, c'est un misérable plein. Si vous voulez payer le plein de toutes les Françaises et de tous les Français, allez-y, mais ce n'est pas la politique que nous menons. La nôtre consiste à financer une partie du surcoût lié à la crise du détroit d'Ormuz. Monsieur Meurin, 100 euros, ce n'est pas rien. C'est la moitié du surcoût sur les trois mois qui viennent pour quelqu'un qui fait un à deux pleins par mois. Peut-être que pour vous, ce n'est rien (Exclamations sur les bancs du groupe RN), mais pour la plupart des Françaises et des Français qui roulent, ce n'est pas le cas.
Par ailleurs, nous continuons à travailler à l'international. Le prix du diesel baisse depuis deux ou trois jours ; ce n'est pas grâce à vous, mais grâce au président de la République qui, dans le cadre d'un G7, a organisé la libération de stocks stratégiques. (Mêmes mouvements.)
Face à une crise internationale qui devrait nous pousser à tous nous rassembler, vous proposez, une fois encore, des recettes qui me semblent inadaptées. Nous, nous proposons une stratégie d'ensemble qui, je l'espère, va durer.
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1814
- Ministère interrogé (source)
- PO873685