Projet de loi de finances pour 2027
- Ministère interrogé
- Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
- Rubrique
- Finances publiques
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En clair
Question au Gouvernement de Jean-Philippe Tanguy, posée en séance le 7 oct. 2026.
L'échange en séance
PROJET DE LOI DE FINANCES POUR 2027
Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
M. Jean-Philippe Tanguy (RN). Et de dix ! Dix budgets, dix budgets en déficit, dix budgets qui ont alourdi la dette et dans lesquels vous n'avez jamais su maîtriser les dépenses.
Mme Anne Genetet. Relisez vos amendements !
M. Jean-Philippe Tanguy. Comme l'a souligné mon excellent collègue Sébastien Chenu, vous devriez avoir honte, monsieur le premier ministre, vous qui avez participé à l'ensemble des gouvernements depuis dix ans. Vos résultats en matière budgétaire sont catastrophiques pour la trajectoire financière de la France. Les marchés ne vous couvrent plus. Les agences de notation n'arrivent plus à vous couvrir, malgré vos tentatives désespérées de faire croire que vous êtes un de ces Mozart de la finance que les médias nous ont tant vendus et qui, finalement, coûtent si cher à notre pays. Quand les marchés sanctionnent la France, ce n'est pas vous qui payez ; ce sont les Français, les contribuables et les entreprises.
Vous qui tenez tant à désindexer les pensions des retraités ou encore certaines prestations sociales, peut-être pourriez-vous commencer par diminuer les salaires des ministres ou des députés macronistes qui ont obtenu de si brillants résultats. (Sourires et exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Si nous indexions votre salaire sur les résultats économiques de la France, nous ferions enfin quelques économies ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur plusieurs bancs du groupe UDR.)
Un député du groupe RN. Ils seraient au RSA !
M. Erwan Balanant. Vous voulez 100 milliards de dépenses supplémentaires !
M. Jean-Philippe Tanguy. Cela reviendrait toutefois à vous réduire en esclavage – je ne le souhaite pas –, car votre salaire serait égal à zéro. Pourquoi, après dix ans, n'arrivez-vous pas à réduire les dépenses ou à les empêcher d'augmenter en volume ? Pourquoi n'avez-vous pas réussi à faire la moindre réforme structurelle pour les faire diminuer, qu'elle porte sur le millefeuille administratif, sur la bureaucratie, sur la contribution à l'Union européenne, sur la submersion migratoire, sur les normes, sur la mafia qui contrôle la politique de l'énergie ou encore sur les surcoûts des marchés publics ? Bref, vous n'avez rien réformé. Vous avez une seule solution, toujours la même, ce qui m'amène à ma question : pourquoi faites-vous toujours payer les Français pour votre incompétence ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
M. Erwan Balanant. Gérez mieux votre parti, on en reparlera après !
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. J'ai bien compris que ce matin, Marine Le Pen avait présenté son contre-budget, et j'ai bien compris aussi qu'avec un budget Le Pen, on rêverait en couleurs et on raserait gratis. (Sourires sur quelques bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)
Vous rêvez en couleurs. Ainsi, j'ai entendu un certain nombre de vos collègues soutenir que Mme Le Pen faisait baisser les taux d'intérêt. Vous le direz à Mme Meloni, car les taux d'intérêt italiens ont baissé autant que les taux d'intérêt français. C'est un mouvement global qui concerne la France, l'Italie et tant d'autres pays.
Vous rêvez en couleurs car vous prévoyez 1,8 % de croissance pour les cinq ans qui viennent, ce qui est bien au-dessus de ce que tous les économistes sérieux français et internationaux prévoient.
Vous rêvez en couleurs car vous prétendez qu'il suffit d'inscrire dans la Constitution un texte pour que les économies s'ensuivent, alors que ça ne marche pas comme ça.
Surtout, comme toujours, vous passez de l'Europe à l'immigration, avec des mesures parfaitement incantatoires et totalement inapplicables. (Protestations sur quelques bancs du groupe RN.)
M. Alexandre Dufosset. Pourquoi inapplicables ?
M. Roland Lescure, ministre. Vous savez que le budget de l'Union européenne est adopté à l'unanimité. Alors si on fait 9 milliards d'euros d'économies sur la contribution à l'Union européenne tous les ans comme vous le proposez, il faudra le faire adopter par les vingt-six partenaires, ce qui n'est pas acquis.
Mais surtout, à qui les ferez-vous payer ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Aux agriculteurs français, qui sont les premiers bénéficiaires de la politique agricole commune ? (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Aux entreprises françaises, qui perçoivent des subventions ? (Alexandre Dufosset mime un violoniste.) Aux laboratoires français, qui bénéficient des programmes de recherche européens ?
Bien sûr, il y a l'immigration, que vous avez mentionnée dans votre question : 15 milliards d'euros d'économies grâce à des mesures pour la plupart inconstitutionnelles, qui auraient des impacts délétères sur la santé, non seulement des immigrés mais aussi des Françaises et des Français, des mesures à la va-comme-je-te-pousse que vous déposerez sans doute à travers des amendements sur le budget et que nous aurons l'occasion de discuter plus en détail. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Vous prétendez obtenir 11 milliards en taxant les rachats d'actions, alors que le montant total de ces rachats s'élève à 30 milliards d'euros. Si vous deviez récupérer 11 milliards d'euros, il n'y aurait plus de rachats d'actions, et pas davantage de 11 milliards. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.
M. Jean-Philippe Tanguy. Monsieur Lescure, vous avez raison sur un point : nous rêvons en couleurs, c'est la Renaissance pour la France avec Marine Le Pen. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l’économie.
M. Roland Lescure, ministre. Rêvez en couleurs, vous nous préparez un cauchemar. Heureusement, nous l'éviterons. (Protestations sur les bancs du groupe RN.)
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1808
- Ministère interrogé (source)
- PO873685