Question au Gouvernement n° 1805
- Ministère interrogé
- Premier ministre
La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)Les autres questions au Gouvernement →
En clair
Question au Gouvernement de Benjamin Lucas-Lundy, posée en séance le 7 oct. 2026.
L'échange en séance
MOBILISATION LYCÉENNE
Mme la présidente. La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy.
M. Benjamin Lucas-Lundy (EcoS). Monsieur le premier ministre, les réponses que vous donnez depuis tout à l'heure sont non seulement ineptes mais inhumaines.
M. Pierre Cazeneuve. Oh !
M. Benjamin Lucas-Lundy. Un accident, une jeune fille de 14 ans étranglée ? Un accident, une tentative de noyade sur un jeune ? (« Oh ! » sur quelques bancs des groupes EPR et DR.) Un accident, un enfant de 15 ans qui perd la main et l'avant-bras parce qu'on a employé contre lui une arme de guerre ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS ainsi que sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
M. Louis Boyard. Eh oui !
M. Benjamin Lucas-Lundy. Des accidents, monsieur le premier ministre ? N'avez-vous pas autre chose à dire ?
M. René Pilato. Démissionnez, monsieur Lecornu ! Allez-vous-en !
M. Benjamin Lucas-Lundy. N'avez-vous rien de mieux à dire à un ministre de l'intérieur dont vous dites qu'il applique la proportionnalité ? Proportionnel, un ministre de l'intérieur qui dit à la télévision, il y a quatre jours, qu'il ne donne aucune consigne de retenue et qu'il invite à se servir de toutes les armes à disposition, parmi lesquelles figurent des armes de guerre, dont des grenades ? Un accident, un LBD qui fracasse la mâchoire d'un jeune de 14 ans ? Mais enfin, vous avez perdu la raison, vous êtes devenu fou ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP. – M. Édouard Bénard applaudit également. – Exclamations sur quelques bancs du groupe DR.) Ou peut-être dites-vous cela pour vous faire applaudir de l'extrême droite, comme cela vient de se produire ? Tel est peut-être votre réel objectif ! (« Exactement ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Des accidents, monsieur le premier ministre ? Des parents sont obligés d'aller dans des manifestations lycéennes pour protéger leurs enfants ? Et vous riez (M. le premier ministre proteste), vous riez à l'évocation de jeunes mutilés sur vos ordres et sur les ordres de votre ministre de l'intérieur !
Vous parlez de défendre les services publics, mais qui supprime des postes de fonctionnaire, qui gèle les salaires des fonctionnaires, qui, depuis dix ans, maltraite nos services publics ? C'est vous, ce ne sont pas les lycéens mobilisés ni celles et ceux qui les soutiennent.
Mme Christine Arrighi. Ils veulent travailler !
M. Benjamin Lucas-Lundy. Vous en appelez au respect des règles d'une « démocratie qui fonctionne ». Dans une démocratie qui fonctionne, monsieur le premier ministre, quand un enfant est mutilé parce qu'on a employé contre lui une arme de guerre, le ministre de l'intérieur s'en va séance tenante. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS et sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Arthur Delaporte applaudit également.) Dans une démocratie qui fonctionne, ce n'est pas par la matraque et les gaz lacrymogènes mais par le dialogue social qu'on répond à une jeunesse réclamant son droit à l'avenir. Vous êtes la honte de la République ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS, sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe SOC. – M. Iñaki Echaniz se lève pour applaudir.)
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur. Ce n'est pas au « 20 heures » de TF1 que je donne mes instructions aux forces de sécurité intérieure. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
M. Arnaud Le Gall. Tout le monde vous a entendu !
M. Laurent Nuñez, ministre. Je leur donne des instructions écrites, qu'a citées M. le premier ministre. Je les appelle effectivement à intervenir systématiquement en cas de violences, de dégradations ou d'atteintes envers le personnel enseignant, mais toujours avec proportionnalité. (Protestations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)
M. Benjamin Lucas-Lundy. Un bras !
M. Laurent Nuñez, ministre. Quand vous dites que les forces de sécurité intérieure utilisent des armes de guerre, c'est n'importe quoi ! Ce sont des armes intermédiaires et non létales. Cessez de faire croire n'importe quoi à notre jeunesse. Nous continuerons à faire ce que nous faisons (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), à maintenir l'ordre, à intervenir à chaque fois qu'il y a des violences, avec proportionnalité.
M. Benjamin Lucas-Lundy. Perdre un bras, c'est proportionnel ?
M. Laurent Nuñez, ministre. Quand il y a des blessures, vous le savez très bien, l'Inspection générale de la police nationale est saisie. (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS.)
Mme Clémentine Autain. Ah, bravo !
M. Benjamin Lucas-Lundy. Cela va lui rendre son bras ?
M. Laurent Nuñez, ministre. Elle enquête ensuite pour vérifier la proportionnalité de l'action. Ce qui compte, ce dont doivent répondre les policiers et les gendarmes, c'est la proportionnalité de leur action au moment où ils ont employé la force.
Dans une démocratie normale, les députés de la République ne se rendent pas sur des barrages pour inciter les lycéens à se révolter, ni ne s'interposent ! C'est cela, une démocratie normale ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR ainsi que sur quelques bancs du groupe RN. – Quelques députés des groupes EPR et DR se lèvent pour applaudir. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
M. Benjamin Lucas-Lundy. Vous réprimez les lycéens et vous protégez les fascistes ! Honte à vous !
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QG1805
- Ministère interrogé (source)
- PO873635