question au Gouvernement

Mobilisation lycéenne

Mathilde Panot LFI-NFP · Assemblée nationale · 17e législature · n° 1803

Ministère interrogé
Premier ministre
Rubrique
Enseignement

En clair

Question au Gouvernement de Mathilde Panot, posée en séance le 7 oct. 2026.

L'échange en séance

MOBILISATION LYCÉENNE

Mme la présidente. La parole est à Mme Mathilde Panot.

Mme Mathilde Panot (LFI-NFP). Monsieur le premier ministre, vos jours à la tête de l'ultime gouvernement d'Emmanuel Macron sont comptés, mais vous nous ferez honte jusqu'au dernier ! Depuis dix-huit jours, un puissant mouvement de jeunesse se lève en faveur de l'égalité scolaire. Depuis dix-huit jours, vous jouez le pourrissement et déchaînez une répression inédite contre les manifestants.

Un député du groupe EPR. Pompiers pyromanes !

Mme Mathilde Panot. Quelque 4 400 enfants ont été placés en garde à vue. Les images ont saisi d'effroi le pays : un enfant de 15 ans a eu la main arrachée, un autre de 16 ans a perdu un œil, un troisième de 14 ans a vu sa mâchoire fracturée. Un jeune a eu la tête enfoncée dans l'eau, une lycéenne a été étranglée, une autre agressée sexuellement. Vous faites honte à la France ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Pierre Cordier. Toi aussi, tu fais honte à la France !

Mme Mathilde Panot. Monsieur le premier ministre, les policiers exécutent vos ordres. En affirmant qu'aucune consigne de retenue n'avait été donnée et qu'ils pouvaient utiliser tout l'armement à leur disposition, vous avez autorisé le pire. Dans n'importe quelle autre démocratie, vous auriez déjà démissionné. La répression sauvage est le contraire de l'ordre républicain. (M. Jean-René Cazeneuve s'exclame.) À des revendications politiques, il faut apporter une réponse politique, non policière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Lycéens, étudiants, professeurs, parents d'élèves se mobilisent pour demander des conditions d'apprentissage dignes, des locaux rénovés, des professeurs remplacés et la fin du tri social de Parcoursup. Ils exigent que soit tenue la promesse de l'école républicaine, celle de défaire le verdict social et de donner à chacun la maîtrise de son destin.

À court d'inspiration, vous rejouez encore et encore une carte grossière : c'est la faute à LFI ! Vos manœuvres ridicules pour vous dédouaner de vos responsabilités ne trompent plus personne. (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR et HOR.) Ceci est une alerte solennelle : on ne brutalise pas les enfants, on ne traite pas la jeunesse comme un adversaire militaire. Ces scènes défigurent l'idée que nous nous faisons de notre pays et déshonorent ceux qui y prennent part. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il n'y a pas de doute : l'usage d'armes mutilantes doit être interdit, tout comme les techniques d'immobilisation létale.

M. Alexandre Portier. C'est LFI qu'il faut interdire !

Mme Mathilde Panot. Monsieur le premier ministre, il ne vous reste que la répression pour gouverner. Méfiez-vous : aucun LBD, aucune grenade, aucune matraque ne viendront à bout d'une jeunesse décidée à se lever pour son avenir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont les députés se lèvent, et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Mme la présidente. La parole est à M. le premier ministre.

M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Vous parlez de violences. J'entends que vous ne les condamnez pas toutes avec la même clarté.

Mme Clémentine Autain et M. Benjamin Lucas-Lundy. Et vous ?

Un député du groupe LFI-NFP. Vous condamnez les étranglements ?

M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Moi, je me suis déjà exprimé avec beaucoup de clarté en répondant au ministre Marcangeli.

Je n'ai que quelques questions, madame la présidente Panot. Pourquoi le député Raphaël Arnault, qui a été condamné pour violences en réunion et dont les deux collaborateurs parlementaires ont été placés en détention pour le meurtre du jeune Quentin, est-il toujours membre de votre groupe ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem, LIOT et UDR.)

M. René Pilato. Ça n'a rien à voir !

M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Pourquoi le maire de Saint-Denis a-t-il légitimé la violence ? (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pourquoi M. Mélenchon a-t-il été condamné pour rébellion lors d'une perquisition menée par l'autorité judiciaire ? (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.) Pourquoi votre candidat à l'élection présidentielle se livre-t-il à des jeux de mots pour le moins nauséabonds et aux relents antisémites ? (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Mathilde Panot. Allez, allez !

M. Arnaud Le Gall. Minable, Lecornu !

M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Pourquoi mettre un brassard blanc pour mieux faire la courte échelle à celles et à ceux qui portent une cagoule noire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Mme Mathilde Panot. Irresponsable !

M. Sébastien Lecornu, premier ministre. La réalité, c'est que vous êtes ambiguë au sujet de la violence, car elle fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays d'ici à l'élection présidentielle. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem. – Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Mme Mathilde Panot. Vous êtes un minable, un irresponsable !

Mme Anaïs Belouassa-Cherifi. Petit homme !

M. Sébastien Lecornu, premier ministre. Mentir au sujet des intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos, comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen, est scandaleux. Nous ne vous laisserons pas faire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR, dont quelques députés se lèvent, et des groupes DR, HOR et LIOT.)

M. Louis Boyard. Vous éborgnez des enfants, voilà ce que vous faites ! (Protestations sur les bancs des groupes RN et DR.)

M. Pierre Cordier. Madame la présidente, intervenez !

Mme la présidente. Monsieur Boyard, s'il vous plaît ! Vous aurez la parole tout à l'heure.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QG1803
Ministère interrogé (source)
PO873635