Réponse publiée

question écrite

Stratégie nickel en Nouvelle-Calédonie

Nicolas Metzdorf EPR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 7407

Ministère interrogé
Économie, finances, souveraineté industrielle et numérique
Réponse du ministère
Outre-mer
Rubrique
Outre-mer

En clair

Question écrite de Nicolas Metzdorf, publiée au Journal officiel le 10 juin 2025. Réponse publiée le 29 sept. 2026, 476 jours plus tard.

Délai de réponse
476 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Nicolas Metzdorf attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur l'urgence d'une clarification et d'une mise en œuvre cohérente de la stratégie nickel pour la Nouvelle-Calédonie. La Nouvelle-Calédonie détient environ 25 % des réserves mondiales identifiées de nickel et environ 5 à 7 % de l'offre mondiale annuelle. Le nickel représente à lui seul près de 90 % de la valeur des exportations de l'archipel et emploie près d'un quart de la population active. Pourtant, cette filière traverse une crise profonde. La fermeture récente de l'usine du Nord exploitée par Koniambo Nickel SAS (KNS), en août 2024, a provoqué la suppression de plus de 1 200 emplois. À cela s'ajoutent les graves difficultés financières des deux autres opérateurs, Prony Resources et la Société Le Nickel (SLN), malgré les aides massives apportées par l'État. Prony Resources a récemment bénéficié d'un prêt d'urgence de 140 millions d'euros pour éviter la cessation de paiement. La SLN, de son côté, demeure handicapée par ses coûts de production élevés et un cours mondial du nickel qui chute, sous l'effet de la surproduction indonésienne. La filière souffre également d'un coût énergétique particulièrement élevé, avec les usines métallurgiques qui représentent à elles seules plus de 70 % de la consommation électrique du territoire. La Nouvelle-Calédonie a besoin d'un véritable plan industriel de reconversion et de compétitivité, avec une réforme de la gouvernance minière, de la transition énergétique et un soutien à la recherche et au développement. Il souhaite donc savoir quelles sont les priorités définies par le Gouvernement dans le cadre de la stratégie nickel pour la Nouvelle-Calédonie, et avoir connaissance des mécanismes de soutien industriel et d'investissement prévus pour assurer la pérennité des sites métallurgiques.

La réponse

Le nickel et la mine relevant des compétences de la Nouvelle-Calédonie, cette stratégie ne peut être définie qu'en étroite concertation avec les autorités locales compétentes (GNC, Provinces). A cet effet, la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie représente l'État au sein de la Conférence des présidents, instance de dialogue stratégique consacrée à ces enjeux. Les travaux conduits dans ce cadre ont, d'ores et déjà, permis l'adoption, par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, d'un dispositif d'ouverture contrôlée et temporaire des exportations de minerai brut issu des réserves géographiques métallurgiques. La relance pérenne des différentes usines de nickel ne peut néanmoins être envisagée sans projets industriels crédibles, portés par des repreneurs solides, fiables et expérimentés à même de mener les investissements nécessaires et d'assumer la responsabilité environnementale afférente à ces actifs. L'Etat, par l'intermédiaire de ses administrations compétentes (CIRI, APE) suit avec une attention soutenue les processus de reprise en cours. Dès lors qu'un projet réunira l'ensemble des conditions requises, l'État sera pleinement mobilisé pour en accompagner la concrétisation. Enfin, conformément à l'engagement pris par le Premier ministre dans son courrier relatif au Pacte de refondation, et sous réserve de la mise en œuvre d'une stratégie nickel cohérente et permettant un retour à la rentabilité, l'Etat apportera un soutien financier aux investissements dans les infrastructures énergétiques nécessaires à la compétitivité et la décarbonation des usines de nickel. Ces investissements tiendront compte de l'aboutissement des projets de reprise et des schémas énergétiques des repreneurs. A cet égard, l'Etat finance d'ores et déjà l'étude d'avant-projet détaillé de la station de transfert d'énergie par pompage de Toutouta. Ces investissements énergétiques, qui s'inscriront dans le schéma de transition énergétique de la Nouvelle-Calédonie, bénéficieront par ailleurs à l'ensemble du territoire.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE7407
Ministère interrogé (source)
PO855083