Réponse publiée

question écrite

Effectivité du droit à la gratuité du stationnement des titulaires de la CMI-S

Estelle Mercier SOC · Assemblée nationale · 17e législature · n° 18338

Ministère interrogé
Autonomie et personnes handicapées
Rubrique
Personnes handicapées

En clair

Question écrite d'Estelle Mercier, publiée au Journal officiel le 22 sept. 2026. Réponse publiée le 20 oct. 2026, 28 jours plus tard.

Délai de réponse
28 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

Mme Estelle Mercier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées, sur les difficultés rencontrées par les titulaires de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » (CMI-S) lorsqu'un forfait de post-stationnement (FPS) leur est adressé à la suite d'un contrôle effectué au moyen d'un dispositif de lecture automatisée des plaques d'immatriculation. En application de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, les titulaires de la CMI-S bénéficient, sous les réserves prévues par la loi, de la gratuité du stationnement sur les places ouvertes au public. Le Conseil d'État a rappelé que ce droit découle de la qualité de titulaire de la carte et ne saurait être remis en cause par les modalités techniques de contrôle du stationnement. Toutefois, les dispositifs de lecture automatisée des plaques d'immatriculation ne permettent pas, à ce jour, d'identifier automatiquement la présence d'une CMI-S dans le véhicule. Les collectivités peuvent ainsi imposer des modalités d'enregistrement préalable du véhicule afin de permettre le contrôle automatisé du droit à la gratuité. Le Gouvernement a encore reconnu récemment que cette situation pouvait entraîner des démarches supplémentaires pour les personnes concernées. Dans les faits, lorsqu'un titulaire de CMI-S n'a pas procédé à cet enregistrement préalable ou lorsque le dispositif de contrôle n'a pas permis d'identifier son droit à la gratuité, il peut recevoir un FPS et être contraint d'engager une procédure de recours administratif préalable obligatoire. Lorsque ce recours n'aboutit pas, l'usager doit saisir le tribunal du stationnement payant, avec des délais et des démarches particulièrement lourds pour des personnes qui peuvent être âgées ou en situation de handicap. Cette situation apparaît d'autant plus problématique lorsque l'intéressé produit, dans le cadre de la contestation, les justificatifs établissant qu'il était bien titulaire d'une CMI-S au moment du stationnement. Le maintien du FPS, puis sa majoration en cas de non-paiement pendant la procédure de contestation, peut alors conduire à une disproportion entre le défaut de formalité administrative éventuellement reproché et les conséquences financières supportées par l'usager. En conséquence, elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin de garantir une procédure nationale, simple et harmonisée permettant, lorsqu'un titulaire de CMI-S établit a posteriori son droit à la gratuité au moment du stationnement, de faire annuler rapidement le FPS sans l'obliger à engager une procédure contentieuse devant le tribunal du stationnement payant. Elle lui demande également si le Gouvernement envisage de définir, en lien avec les collectivités territoriales et les opérateurs chargés du contrôle du stationnement, un dispositif permettant une vérification automatisée ou centralisée du droit à la gratuité attaché à la CMI-S, afin d'éviter que les personnes en situation de handicap soient soumises à des démarches administratives répétées et disproportionnées.

La réponse

La carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » (CMI-S) permet à son titulaire d'accéder aux emplacements réservés et de stationner gratuitement, sans limitation de durée, sur l'ensemble des places ouvertes au stationnement, en application de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles. Depuis l'entrée en vigueur en 2018 de la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles, le stationnement payant a été dépénalisé et relève de la compétence des collectivités territoriales, qui peuvent en confier le contrôle à des délégataires privés, notamment au moyen de dispositifs de lecture automatisée des plaques d'immatriculation. Le Gouvernement veille à ce que ces délégataires appliquent strictement les règles protectrices des usagers, en particulier celles bénéficiant aux titulaires de la CMI-S. Toutefois, lorsque la carte est simplement apposée sur le pare-brise, les dispositifs de contrôle automatisé ne peuvent pas, à ce stade, l'identifier techniquement, ce qui peut entraîner des démarches supplémentaires pour les usagers. Dans les zones de stationnement à durée limitée, ceux-ci doivent ainsi enregistrer leur stationnement à l'horodateur ou via un service dématérialisé. La durée maximale fixée par l'autorité compétente ne peut être inférieure à douze heures. Certaines collectivités ont par ailleurs mis en place des dispositifs de pré-enregistrement permettant aux bénéficiaires de stationner sans formalité préalable. S'agissant de la procédure de contestation, l'usager destinataire d'un Forfait de post-stationnement (FPS) peut former un Recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la collectivité émettrice, par voie dématérialisée ou postale, dans un délai d'un mois. En cas de rejet, il peut saisir le tribunal du stationnement payant dans le mois suivant la notification de la décision. Sur ce point, le Conseil d'État a précisé, dans une décision du 24 mars 2021, que la gratuité du stationnement s'applique dès lors que l'utilisateur du véhicule, conducteur ou passager, est titulaire d'une CMI-S à son nom, sans qu'il soit nécessaire d'apposer la carte sur le pare-brise. Cette jurisprudence conforte les usagers qui, dans le cadre d'un RAPO, produisent les justificatifs établissant qu'ils étaient bien titulaires d'une CMI-S au moment du stationnement : ces éléments doivent conduire à l'annulation du FPS par la collectivité, sans qu'il soit nécessaire de saisir le tribunal du stationnement payant.  S'agissant des modalités de remboursement, celles-ci diffèrent selon la nature de la somme en cause. Lorsque l'usager a acquitté le FPS initial et obtient ultérieurement son annulation, à l'issue du RAPO ou d'une décision du tribunal du stationnement payant, le remboursement est assuré par la collectivité émettrice. Lorsque le FPS a fait l'objet d'une majoration faute de paiement dans le délai imparti, son recouvrement relève de la direction générale des finances publiques : en cas d'annulation, c'est donc le Trésor public qui procède au remboursement de la majoration, par l'envoi d'une lettre-chèque dans un délai d'environ trois mois, sous réserve de l'absence d'autres créances en cours auprès de cette administration. Le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour garantir l'effectivité des droits des personnes en situation de handicap et pour sécuriser, dans les meilleures conditions, leur accès au stationnement et à la circulation.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE18338
Ministère interrogé (source)
PO879420