Métiers sous tension dans le secteur de la propreté et de l'hygiène
- Ministère interrogé
- Travail et solidarités
- Rubrique
- Emploi et activité
La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)Les autres questions écrites →
En clair
Question écrite de Thomas Lam, publiée au Journal officiel le 28 juil. 2026. Réponse publiée le 27 oct. 2026, 91 jours plus tard.
- Délai de réponse
- 91 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale
La question
M. Thomas Lam interroge M. le ministre du travail et des solidarités sur les critères objectifs ayant conduit à l'exclusion des métiers de l'entretien des locaux et des agents du secteur de la propreté et de l'hygiène en Île-de-France de la liste officielle des métiers sous tension pour l'année 2025. Le secteur de la propreté et de l'hygiène représente, en Île-de-France, près de 1 emploi sur 30, soit plus de 4 500 entreprises employant 190 000 salariés. Cela correspond à 31 % de l'effectif national du secteur. Ce dernier se caractérise par une croissance continue du nombre d'établissements, une forte féminisation (64 % de femmes) et la création de plus de 110 000 emplois nets en France au cours de la dernière décennie. En outre, 82 % des contrats sont signés en CDI, démontrant la pérennité et l'utilité sociale du secteur. Ces métiers « invisibles », réalisés dans l'ombre, sont indispensables au bien-être, à l'hygiène et à la santé des usagers, dans les bureaux, les immeubles d'habitation, les commerces, les industries, les transports, les hôpitaux, les écoles, etc. Bien que ce secteur revête une importance majeure, il est aujourd'hui fragilisé par la généralisation du télétravail, la diminution des surfaces de bureaux et des conditions de travail peu incitatives. Ces défis, déjà critiques, s'aggravent face à des difficultés persistantes de recrutement, amplifiées par le vieillissement de la main-d'œuvre - plus de 40 % des employés ayant dépassé les 50 ans. Or il est à noter que, contrairement à d'autres métiers à faibles niveaux de qualification reconnus comme sous tension (notamment l'aide à domicile ou l'hôtellerie), les métiers de la propreté ne bénéficient pas de cette classification sur le territoire francilien, alors même que le secteur est reconnu comme en tension dans d'autres régions. Cette disparité soulève des interrogations sur la lisibilité et la cohérence des critères retenus. Il souhaite donc savoir : quels sont les indicateurs quantitatifs et qualitatifs (taux de vacance d'emplois, difficultés de recrutement, turnover, pyramide des âges etc.) ayant motivé l'absence de reconnaissance des agents du secteur parmi les métiers sous tension en Île-de-France ; si le Gouvernement envisage de reconsidérer le positionnement à la lumière des données actualisées du terrain, notamment le vieillissement massif de la main-d'œuvre et les difficultés structurelles du recrutement ; et quelles mesures spécifiques sont prévues pour accompagner l'attractivité, la formation et la fidélisation dans ce secteur en tension, dont l'utilité sociale et environnementale est avérée.
La réponse
L'arrêté du 21 mai 2025 fixe la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement. A titre liminaire, la liste dite des métiers en tension a vocation à être actualisée annuellement, sur la base de concertations avec les organisations syndicales représentatives d'employeurs et de salariés. Eu égard aux enjeux de recrutement des métiers de la propreté, la meilleure prise en compte de ce secteur dans la liste sera concertée dans le cadre des travaux d'actualisation qui seront conduits dans les prochains mois, et pourra conduire à l'ajout de métiers à la liste le cas échéant. Par ailleurs, il est à noter que d'autres leviers sont mobilisés pour répondre aux besoins de main-d'œuvre du secteur de la propreté et à l'enjeu d'attractivité de ses métiers. En lien avec les acteurs de la branche propreté, l'opérateur France Travail déploie à ce titre des actions ciblées pour promouvoir les métiers du secteur, au travers notamment de la « semaine de la propreté ». Il propose également une offre de formation collective structurée, via notamment la Préparation opérationnelle à l'embauche collective (POEC) déployée par l'Opérateur de compétences (OPCO) AKTO ainsi que la faculté de déployer des actions de formation Préalable à l'embauche individuelle (POEI) accessible pour les publics relevant d'un besoin d'ajustement des compétences avant embauche.
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QE17276
- Ministère interrogé (source)
- PO873667