Difficultés rencontrées par les étudiants en alternance
- Ministère interrogé
- Enseignement supérieur, recherche et espace
- Rubrique
- Formation professionnelle et apprentissage
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En clair
Question écrite de Sophie Blanc, publiée au Journal officiel le 14 juil. 2026. Réponse publiée le 13 oct. 2026, 91 jours plus tard.
- Délai de réponse
- 91 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale
La question
Mme Sophie Blanc attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur les difficultés croissantes rencontrées par les étudiants de l'université de Perpignan Via Domitia pour trouver une entreprise d'accueil dans le cadre de leur formation en alternance. À quelques semaines de la rentrée universitaire, de nombreux étudiants indiquent avoir engagé leurs recherches depuis plusieurs mois sans parvenir à décrocher un contrat d'alternance. Certains expliquent avoir envoyé plus de deux cents candidatures sans résultat, d'autres ne recevoir aucune réponse ou seulement des refus. Pour plusieurs d'entre eux, cette situation compromet directement la poursuite de leurs études. Des étudiants inscrits en licence professionnelle ou en master indiquent ainsi qu'ils pourraient être contraints de renoncer à leur formation faute d'avoir trouvé une entreprise susceptible de les accueillir. Cette situation est également constatée par les responsables de l'université de Perpignan Via Domitia. Le service formation et alternance de l'établissement relève une diminution des offres proposées aux étudiants. Selon les responsables universitaires, de nombreuses entreprises recrutent moins d'apprentis, privilégient d'autres formes de recrutement ou renoncent désormais à ouvrir des postes en alternance. Dans un département où le tissu économique est constitué majoritairement de très petites entreprises et de PME, cette évolution fragilise particulièrement l'accès aux formations reposant sur l'alternance. L'alternance constitue pourtant, pour de nombreux jeunes, un mode de formation indispensable. Au-delà de l'expérience professionnelle qu'elle procure, elle représente souvent la seule possibilité de financer des études supérieures. Lorsqu'aucune entreprise d'accueil n'est trouvée, certains étudiants se voient contraints d'abandonner leur projet de formation, alors même qu'ils ont été admis dans leur cursus. Cette situation fait peser un risque d'inégalité d'accès à l'enseignement supérieur selon les territoires et la densité du tissu économique local. Elle lui demande donc si le Gouvernement a évalué les difficultés spécifiques rencontrées par les universités dont une part importante des formations repose sur l'alternance, notamment l'université de Perpignan Via Domitia ? Combien d'étudiants admis dans une formation en alternance n'ont finalement pas pu intégrer leur cursus faute d'entreprise d'accueil au cours des trois dernières rentrées universitaires ? Quelles sont les données disponibles pour les Pyrénées-Orientales ? Enfin, elle souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre afin que l'absence d'entreprise d'accueil ne conduise plus des étudiants à renoncer à leurs études.
La réponse
Le Président de la République a fait de l'apprentissage une priorité nationale, en fixant notamment l'objectif d'atteindre un million d'apprentis. Cet objectif a été atteint : 1 017 500 contrats d'apprentissage étaient en cours au 31 décembre 2025, dont 634 035 dans l'enseignement supérieur. Cette progression témoigne de la transformation profonde de l'apprentissage engagée depuis 2018 et de la place désormais essentielle qu'il occupe dans les parcours de formation et d'insertion professionnelle des jeunes. L'alternance constitue un levier majeur d'insertion professionnelle, avec un taux d'insertion supérieur de cinq points à celui des diplômés ayant suivi leur formation sous statut étudiant. Elle favorise également une insertion plus qualitative, caractérisée par une meilleure adéquation entre la formation suivie et l'emploi occupé, ainsi que par des niveaux de rémunération plus élevés. Le développement rapide de l'apprentissage, favorisé notamment par la réforme de 2018 et l'ouverture de l'offre de formation, appelle aujourd'hui une régulation renforcée afin de garantir à la fois la soutenabilité financière du dispositif et la qualité des formations proposées. Cette exigence se traduit notamment par le renforcement des contrôles exercés sur les organismes de formation et les formations financées, afin de prévenir les dérives constatées. Elle s'inscrit pleinement dans l'action conduite par le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace pour garantir la qualité des formations et mieux encadrer l'offre d'enseignement supérieur, notamment privée. Ces mesures de régulation, couplées à une baisse de la capacité de recrutement des entreprises, notamment les plus petites d'entre elles, ont entraîné en 2025 une baisse moyenne de 5 % des contrats par rapport à 2024, avec un recul plus prononcé dans l'enseignement supérieur (– 7,8 %, soit 497 916 contrats). Le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace suit attentivement cette évolution, conjointement avec le ministère chargé du travail qui pilote les fonds dévolus à l'apprentissage. La priorité est donnée aux formations infra ou de niveau bac. Il convient néanmoins de rappeler que le modèle économique des établissements publics d'enseignement supérieur ne repose pas exclusivement sur les ressources issues de l'apprentissage. Ces établissements inscrivent par ailleurs le développement de l'alternance dans une démarche exigeante de qualité et d'accompagnement des apprentis, notamment à travers la charte pour un accompagnement responsable et de qualité des apprentis des établissements d'enseignement supérieur. Les étudiants peuvent s'appuyer sur plusieurs dispositifs d'accompagnement à la recherche d'une entreprise d'accueil : les services universitaires d'information, d'orientation et d'insertion professionnelle (SCUIO-IP), la plateforme « 1 jeune 1 solution » et la plateforme « La bonne alternance », qui facilite la mise en relation entre candidats, centres de formation d'apprentis et entreprises. Au-delà de cet accompagnement, plusieurs leviers permettent d'accompagner plus spécifiquement les étudiants n'ayant pas trouvé d'entreprise d'accueil : le recours à des statuts transitoires, la mobilisation d'aides sociales, ou encore la poursuite temporaire des études en formation initiale classique dans l'attente d'un contrat, lorsque l'organisation de la formation le permet. Le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour que les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises ne se traduisent pas par une remise en cause des perspectives de formation et d'insertion professionnelle des jeunes. Il veille, à cette fin, à renforcer les liens entre les établissements d'enseignement supérieur et le monde économique, afin de faciliter l'accès des étudiants à l'alternance et de sécuriser leurs parcours. Cette mobilisation s'inscrit dans l'engagement plus large du Gouvernement en faveur de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes, notamment dans le cadre du plan Emploi Futur annoncé le 7 mai dernier.
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QE16926
- Ministère interrogé (source)
- PO873650