Réponse publiée

question écrite

Révision de la carte de l'éducation prioritaire

Rodrigo Arenas LFI-NFP · Assemblée nationale · 17e législature · n° 16181

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Enseignement

En clair

Question écrite de Rodrigo Arenas, publiée au Journal officiel le 23 juin 2026. Réponse publiée le 20 oct. 2026, 119 jours plus tard.

Délai de réponse
119 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Rodrigo Arenas appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'absence persistante de révision de la carte de l'éducation prioritaire. Créée en 1981 et destinée à être révisée tous les quatre ans afin de tenir compte de l'évolution des réalités sociales et territoriales, la carte de l'éducation prioritaire n'a plus été actualisée depuis 2014. En 2019, le ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer avait annoncé le report de sa révision à 2021. En 2024, sa successeure Nicole Belloubet avait ensuite indiqué vouloir aboutir à une réforme du dispositif en 2025, sans que celle-ci n'ait finalement été engagée à ce jour. La carte actuelle, qui concerne environ un collège sur cinq et 1,7 million d'élèves, repose sur un mécanisme empêchant l'intégration de nouveaux établissements sans sortie préalable d'autres établissements déjà classés. Dans son rapport publié en mai 2025, la Cour des comptes relevait pourtant que la carte de l'éducation prioritaire n'avait toujours pas évolué malgré les transformations sociodémographiques intervenues dans de nombreux territoires. Elle estimait ainsi qu'environ cinq cents écoles à fort besoin social demeuraient aujourd'hui exclues du dispositif. Le journal Le Monde estime quant à lui que 118 établissements dont l'indice de position sociale (IPS) est inférieur à la moyenne des établissements relevant de l'éducation prioritaire resteraient exclus du dispositif. Cette situation suscite une forte inquiétude parmi les équipes éducatives et les collectivités concernées, alors même que les établissements exclus du dispositif continuent de faire face à d'importantes difficultés sociales et scolaires. Enfin, le 9 décembre 2025, lors d'échanges à l'Assemblée nationale, M. le ministre a déclaré ne pas croire disposer de « l'espace-temps politique suffisant » pour engager cette réforme avant la prochaine élection présidentielle. Cette déclaration laisse entendre, à demi-mot, un nouveau report voire un abandon de la refonte de la carte de l'éducation prioritaire, pourtant annoncée à plusieurs reprises par les gouvernements successifs. Dans ce contexte, il lui demande si le Gouvernement entend réellement attendre encore dix-huit mois avant d'engager une refonte de la carte de l'éducation prioritaire, laissant ainsi de nombreux élèves et personnels éducatifs confrontés à de fortes difficultés sociales et scolaires en dehors des dispositifs de soutien et des moyens associés à l'éducation prioritaire.

La réponse

À la rentrée scolaire 2025, la carte de l'éducation prioritaire est constituée de 1 094 réseaux, dont 732 REP et 362 REP+. Issue de la refondation de 2014-2015, elle doit aujourd'hui être actualisée pour tenir compte des évolutions socio-économiques intervenues depuis dans les territoires. Des réflexions approfondies sont engagées au niveau national afin d'identifier les écoles et établissements nécessitant un accompagnement renforcé, en s'appuyant notamment sur des indicateurs sociaux et scolaires, parmi lesquels l'indice de position sociale. Cette révision doit garantir la cohérence et l'équité de la carte sur l'ensemble du territoire national. Elle suppose un important travail de préparation et de concertation, ainsi qu'une appréciation au cas par cas des réalités locales, au-delà de la seule application automatique de critères statistiques. À ce titre, aucune modification globale de la carte ne peut intervenir sans un calendrier sécurisé. Le Gouvernement ne méconnaît pas pour autant les situations les plus difficiles. Le ministère de l'éducation nationale a choisi d'apporter dès la rentrée 2026 des réponses ciblées aux situations les plus urgentes : 21 collèges et 69 écoles dans 11 académies bénéficient à la rentrée scolaire 2026 d'une attention particulière sur les effectifs par classe, d'un enseignant supplémentaire sur projet pédagogique pour les écoles élémentaires, ainsi que d'une indemnité transitoire et d'une bonification de mobilité pour les professeurs après trois ans d'exercice. Le ministère poursuit les travaux préparatoires à une révision de la carte de l'éducation prioritaire, tout en mobilisant dès à présent les leviers existants afin que les élèves et personnels confrontés aux difficultés les plus fortes ne demeurent pas sans accompagnement.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE16181
Ministère interrogé (source)
PO873652