Enfants et sécurité routière : les enseignements du modèle suédois
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En clair
Question écrite de Justine Gruet, publiée au Journal officiel le 21 avr. 2026. Réponse publiée le 20 oct. 2026, 182 jours plus tard.
- Délai de réponse
- 182 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale
La question
Mme Justine Gruet appelle l'attention de M. le ministre des transports sur les résultats particulièrement remarquables obtenus par la Suède en matière de sécurité routière et plus spécifiquement en ce qui concerne la protection des enfants. Alors que la France déplore encore chaque année environ 3 000 décès sur les routes, dont des dizaines d'enfants, la Suède affiche des résultats parmi les meilleurs au monde, avec environ 22 décès par million d'habitants contre près de 45 en France. S'agissant des enfants, les chiffres suédois sont particulièrement bas, avec certaines années sans aucun décès d'enfant passager. Ces performances s'expliquent notamment par la mise en œuvre, dès 1997, du programme « Vision Zéro », une stratégie ambitieuse visant à éliminer totalement les décès et les blessures graves sur les routes. Cette politique repose sur une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les concepteurs d'infrastructures, les industriels et les usagers et s'accompagne d'investissements constants, de normes exigeantes et d'efforts soutenus de sensibilisation. Par ailleurs, la Suède se distingue par son rôle pionnier dans la protection des enfants en voiture, notamment avec le développement précoce des sièges auto dos à la route, reconnus pour offrir un niveau de protection nettement supérieur en cas de collision frontale. Le protocole suédois « Plus Test », parmi les plus exigeants au monde, garantit en outre une protection renforcée contre les contraintes cervicales, aucun siège face à la route n'ayant à ce jour satisfait à ces exigences. Ces résultats sont également le fruit d'une mobilisation collective associant parents, chercheurs, industriels et responsables publics dans une logique de prévention et de responsabilisation partagée. Dans ce contexte, elle lui demande s'il envisage d'étudier de manière approfondie les politiques publiques mises en œuvre en Suède afin d'identifier les bonnes pratiques susceptibles d'être adaptées en France, notamment en matière de protection des enfants, de renforcement des normes de sécurité et de campagnes de sensibilisation, afin de réduire encore le nombre de victimes sur les routes.
La réponse
La France a mis en œuvre une stratégique politique interministérielle et des actions de coordination multisectorielle permettant de réduire le nombre de décès sur les routes de 18 000, en 1972, à moins de 3 300 aujourd'hui. A l'instar de la Suède, elle fait partie des sept pays au monde qui ont adopté une législation relative aux cinq principaux facteurs d'accidentalité répertoriés par l'Organisation mondiale de la santé : limiter les excès de vitesse, limiter l'alcool au volant, porter un casque, utiliser la ceinture de sécurité et utiliser des sièges pour enfants. Au niveau international et européen, la France est également engagée à long terme dans la "vision zéro" (zéro mort et zéro blessé grave à l'horizon 2050), avec un objectif à 2030 de diviser par deux le nombre de morts et de blessés graves par rapport à 2019, année de référence de la décennie. L'essor des mobilités douces à l'issue du COVID, le partage de la route parfois conflictuel qui en a résulté et l'apparition de nouveaux comportements accidentogènes sur nos routes (usage du protoxyde d'azote, défis TikTok…) ont freiné les résultats espérés. La sécurité routière est une politique publique exigeante qui nécessite d'innover sans cesse en comparant les expériences nationales et en s'inspirant mutuellement des bonnes pratiques. Les chiffres de l'accidentalité en Suède et les mesures mises en œuvre en font un exemple particulièrement intéressant. Les politiques doivent ensuite être adaptées à chaque territoire pour tenir compte de ses spécificités.
Sources et données
- La question sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
- La fiche de son auteur sur assemblee-nationale.fr (nouvel onglet)
Dernière collecte des sources
Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.
Références techniques
- Question (Assemblée nationale)
- QANR5L17QE14586
- Ministère interrogé (source)
- PO873659