Réponse publiée

question écrite

Valorisation des langues régionales dans le cadre du DNB

David Taupiac LIOT · Assemblée nationale · 17e législature · n° 13912

Ministère interrogé
Éducation nationale
Rubrique
Examens, concours et diplômes

En clair

Question écrite de David Taupiac, publiée au Journal officiel le 31 mars 2026. Réponse publiée le 20 oct. 2026, 203 jours plus tard.

Délai de réponse
203 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. David Taupiac attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la place et la valorisation des langues régionales dans la nouvelle organisation du diplôme national du brevet (DNB). Cette évolution, qui intervient dans le prolongement des réformes du lycée et du baccalauréat, suscite de fortes inquiétudes quant à l'affaiblissement progressif de la reconnaissance institutionnelle de ces enseignements dans le parcours scolaire des élèves. En effet, l'intégration des options de langues régionales et de langues anciennes dans le contrôle continu conduit à une diminution sensible de la valorisation de ces enseignements. Avant la rentrée 2025, une moyenne de 20/20 obtenue dans une option pouvait représenter jusqu'à 20 points de bonus, soit environ 2,5 % des 800 points nécessaires pour l'obtention du brevet. Dans la nouvelle organisation, cette valorisation serait ramenée à environ 1,8 % du total, ce qui constitue un recul significatif de l'effet incitatif de ces options. Par ailleurs, la Fédération des enseignants de langue et culture d'Oc (FELCO) souligne plusieurs conséquences concrètes de cette évolution : un amoindrissement de la bonification associée aux enseignements optionnels, la disparition de la mention explicite des langues régionales dans l'évaluation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, ainsi qu'une incertitude quant à la possibilité pour les élèves de présenter tout ou partie de l'épreuve orale du DNB en langue régionale. Jusqu'à présent, les candidats pouvaient en effet présenter une partie de leur exposé oral en langue vivante étrangère ou régionale, cette démarche pouvant donner lieu à une bonification spécifique. Dans un contexte de fragilisation de nombreuses langues régionales, cette possibilité constitue un levier important de valorisation des apprentissages et d'encouragement à leur transmission. Aussi, M. le député souhaiterait savoir si le Gouvernement entend maintenir la possibilité pour les élèves de présenter tout ou partie de l'épreuve orale du DNB en langue régionale et, le cas échéant, si cette démarche continuera d'être valorisée par l'attribution d'un bonus pouvant atteindre 10 points. Plus largement, il lui demande si le Gouvernement envisage de revenir au dispositif permettant l'attribution d'un bonus pouvant atteindre 20 points pour les enseignements optionnels, afin de préserver le caractère incitatif de ces enseignements et de garantir une reconnaissance effective des langues régionales dans le cadre du diplôme national du brevet.

La réponse

L'enseignement des langues vivantes régionales bénéficie d'un cadre juridique renforcé depuis la loi n° 2021-641 du 21 mai 2021 et la circulaire du 14 décembre 2021, qui en garantissent la diffusion au sein du système éducatif.  La volonté du ministère de l'éducation nationale est d'œuvrer en faveur de la valorisation des langues vivantes régionales. Ainsi, le décret n° 2026-689 du 28 juillet 2026 portant création de l'indication « cursus bilingue » sur les diplômes des baccalauréats général et technologique concernant les langues vivantes régionales et l'arrêté relatif aux conditions d'attribution constituent une avancée importante. À partir de la session 2028, les candidats au baccalauréat pourront passer une des deux épreuves de spécialité dans une langue régionale, dès lors qu'ils auront suivi un enseignement bilingue dans cette spécialité sur la totalité des classes de première et de terminale et qu'ils auront appris cette langue au lycée en deuxième ou troisième langue vivante. S'agissant du diplôme national du brevet (DNB), conformément à l'article 12 de l'arrêté du 31 décembre 2015, l'épreuve écrite d'histoire-géographie-éducation morale et civique peut être composée dans la langue vivante régionale, et une mention « langue régionale », suivie de la désignation de la langue concernée, peut être inscrite sur le DNB, sous réserve d'un niveau A2 renseigné dans le livret scolaire unique (LSU). La note de service du 2 septembre 2025 relative aux modalités d'attribution du diplôme national du brevet à compter de la session 2026 dispose, quant à elle, que le candidat peut effectuer une partie de l'épreuve orale en langue vivante régionale, dans la mesure où cette langue est enseignée dans l'établissement. Pour la session 2026, les dérogations permettant la traduction des sujets ont été reconduites, de même que celles autorisant les candidats à composer dans leur langue vivante régionale. S'agissant de la valorisation à l'examen, le contrôle continu, qui représente 40 % de la note finale du DNB, est fondé sur les moyennes des disciplines enseignées en classe de 3e : il intègre à ce titre l'enseignement de langue vivante régionale (LVR) - désormais reconnu au titre de la langue vivante 2 (LV2) - ainsi que les enseignements dispensés en LVR dans les établissements bilingues ou immersifs. L'enseignement de langues et cultures régionales (LCR) est quant à lui pris en compte, comme l'ensemble des enseignements facultatifs, à hauteur des points obtenus au-dessus de 10/20. Enfin, les connaissances lexicales, grammaticales et culturelles mobilisées en langue régionale à l'oral constituent des critères dont les établissements peuvent se saisir pour élaborer leur grille d'évaluation de l'épreuve. Ce nouveau mode de calcul, en cohérence avec les nouvelles exigences du DNB, n'a pas vocation à être modifié.  Par ailleurs, la mise en oeuvre des nouveaux programmes pour le collège fourniront aux langues vivantes régionales un cadre structuré d'apprentissage associé à des attendus de niveau plus exigeants, gage d'une meilleure maîtrise et d'une transmission renforcée.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE13912
Ministère interrogé (source)
PO873652