Réponse publiée

question écrite

Offre de soins à Bourail

Nicolas Metzdorf EPR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 12807

Ministère interrogé
Outre-mer
Rubrique
Outre-mer

En clair

Question écrite de Nicolas Metzdorf, publiée au Journal officiel le 10 févr. 2026. Réponse publiée le 30 juin 2026, 140 jours plus tard.

Délai de réponse
140 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Nicolas Metzdorf interroge Mme la ministre des outre-mer sur la situation critique de l'offre de soins à Bourail. Pivot géographique entre les provinces Sud et Nord, la commune dessert un bassin de vie de près de 16 000 habitants. Or les capacités actuelles, reposant sur seulement trois médecins et le centre médico-social (CMS) Jean-Boutine, sont saturées et ne permettent plus de répondre aux besoins élémentaires de la population. Cette sous-densité médicale contraint les patients à des déplacements systématiques vers Nouméa, générant une rupture d'égalité dans l'accès aux soins et une surcharge inutile des structures de la capitale. Pour corriger cette défaillance, il est impératif d'acter la reconnaissance de Bourail comme « Pôle de santé du Centre-Ouest ». Ce changement d'échelle doit permettre le renforcement immédiat du CMS, le recrutement d'au moins deux médecins supplémentaires et l'installation d'un plateau technique de proximité (radiologie, analyses biologiques, soins dentaires, ophtalmologie, orthophonie). Bien que la compétence santé relève de la Nouvelle-Calédonie, l'État demeure garant de la sécurité sanitaire et de l'équité territoriale via les contrats de développement et les dotations d'équipement. Il lui demande quels engagements financiers et techniques l'État compte prendre, en appui aux Provinces et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, pour opérationnaliser ce pôle de santé à Bourail et stopper la fuite médicale vers Nouméa.

La réponse

La Nouvelle-Calédonie, qui est pleinement compétente en matière de santé et de protection sociale, dispose d'un système de santé performant qui a cependant été fragilisé ces dernières années par une augmentation des coûts et un fléchissement de l'attractivité du territoire, notamment depuis la crise Covid. L'offre de soins, qui a considérablement crû en 10 ans grâce à l'adjonction de moyens et d'infrastructures, se dégrade à présent sous l'effet conjugué des crises récentes et du retard pris dans les réformes structurelles nécessaires pour optimiser l'offre sur l'ensemble du territoire comme le financement du système. La crise que traverse aujourd'hui le territoire amplifie ces déséquilibres et entraine une dégradation de l'offre de soins. Les solutions pour résorber la crise de l'offre de soins s'inscrivent cependant dans une temporalité longue. L'Etat, via le Fonds outre-mer, soutient la réforme du système de santé calédonien engagée par le Gouvernement et qui découle de la mise en œuvre du Plan de Santé Do Kamo. La révision de la carte sanitaire, qui vise une meilleure gestion des ressources au regard des contraintes de financement et de personnels, est programmée en 2026. Le cabinet de conseil Ernst & Young a été retenu par le Gouvernement et un premier comité de pilotage arrêtant la méthodologie et les étapes de la démarche ainsi que le calendrier de la mission s'est tenu le 26 février dernier. Tout nouveau projet, comme celui d'un pôle de santé sur Bourail, devra s'inscrire dans cette nouvelle carte sanitaire. Il semble donc prématuré, au risque de remettre en cause les travaux engagés de s'engager sur l'opportunité d'un tel projet. Néanmoins, l'Etat, conscient de la nécessité d'assurer au plus vite un accès aux soins équitable sur l'ensemble du territoire notamment auprès de ceux les touchés par la pénurie de soignants et soucieux d'accompagner le territoire, a signé le 22 août 2025 avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l'Ordre de Malte une convention permettant de répondre aux besoins des populations les plus fragiles et isolées. Ce dispositif, déployé pour une année et intégralement financé par l'Etat s'élève à 1 367 770.00 €, soit un peu plus de 163.2 MF-CFP, versés à la Nouvelle-Calédonie en octobre 2025. Une première équipe de 5 professionnels de santé est arrivée début mars sur le territoire pour une mission de 3 mois.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE12807
Ministère interrogé (source)
PO873676