Réponse publiée

question écrite

Cambriolage du Louvre : quelles suites pour garantir la sécurité du musée ?

Emmanuel Maurel GDR · Assemblée nationale · 17e législature · n° 12004

Ministère interrogé
Culture
Rubrique
Patrimoine culturel

En clair

Question écrite d'Emmanuel Maurel, publiée au Journal officiel le 23 déc. 2025. Réponse publiée le 6 oct. 2026, 287 jours plus tard.

Délai de réponse
287 joursmédiane 126 jours, questions écrites de l'Assemblée nationale

La question

M. Emmanuel Maurel attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur les défaillances constatées dans le dispositif de sécurité du musée du Louvre, suite au vol des bijoux de la Couronne survenu le 19 octobre 2025. Cet évènement met en évidence des failles structurelles dans la politique de sécurité et de maintenance du musée, dont la Cour des comptes a récemment souligné les causes dans son rapport d'activité. Ce rapport indique qu'au sortir de la crise sanitaire, les responsables du musée ont préféré financer des actions destinées à renforcer l'attractivité du site, au détriment des dépenses d'entretien, de mise aux normes et de sécurité des œuvres et des locaux. Entre 2018 et 2024, le musée n'a consacré que 26,7 millions d'euros à des travaux d'entretien et de mise aux normes et 59,5 millions d'euros à la restauration du palais au titre des monuments historiques, contre 105,4 millions d'euros engagés sur ses ressources propres pour l'acquisition d'œuvres et 63,5 millions d'euros pour la rénovation des aménagements muséographiques. La Cour des comptes relève en outre que la répartition statutaire des dépenses, qui attribue 20 % des recettes du musée ainsi qu'une part du fonds de dotation et des recettes issues des licences (notamment le Louvre Abou Dhabi) aux acquisitions, limite la capacité du musée à investir dans la sécurisation de ses collections et la maintenance de ses infrastructures. Parallèlement, le projet de réaménagement « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à 1,147 milliard d'euros d'ici à 2034, prévoit la création d'une nouvelle entrée et d'un espace d'accueil des visiteurs, sans que la question du renforcement des dispositifs de sécurité ne semble y occuper une place centrale. Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures immédiates le ministère compte mettre en œuvre pour garantir l'installation d'un système de sécurité performant et adapté aux exigences d'un établissement tel que le musée du Louvre ; si le Gouvernement envisage de réviser la répartition actuelle des dépenses du musée afin de faire de la sécurité, de l'entretien et du fonctionnement des priorités budgétaires et, plus largement, quelles orientations seront données par la tutelle pour assurer un équilibre durable entre la valorisation culturelle du musée et la préservation matérielle et sécuritaire de ses collections.

La réponse

Le vol des bijoux de la Couronne, survenu au musée du Louvre le 19 octobre 2025, constitue un événement d'une gravité exceptionnelle, qui a immédiatement mobilisé l'ensemble des services du ministère de la culture. Dès le lendemain de cet incident, une enquête approfondie a été confiée à l'Inspection générale des affaires culturelles (IGAC) afin d'en analyser les circonstances et d'identifier les éventuels dysfonctionnements. Les conclusions de cette enquête, présentées lors du conseil d'administration du musée du 7 novembre 2025, ont permis de définir dix-sept mesures d'urgence visant à renforcer la gouvernance en matière de sûreté, la protection du site, la coordination avec les services de police, ainsi que les moyens techniques et humains dédiés à cette mission. Parmi ces mesures, certaines ont été immédiatement mises en uvre, telles que : la création d'un poste de coordonnateur sûreté pour centraliser et piloter les actions ; la mise en place d'un comité de pilotage dédié à la sûreté ; le déploiement de dispositifs anti-bélier pour sécuriser les accès sensibles périmétriques. Ces actions, engagées dès le mois de novembre 2025, se poursuivent activement afin de garantir une protection optimale des collections et des visiteurs. S'agissant de la gestion budgétaire du musée, il est à noter que le Louvre, en tant qu'établissement public, dispose d'une autonomie juridique lui permettant de répartir ses dépenses dans le cadre de ses missions statutaires. Toutefois, le ministère de la culture est pleinement conscient des besoins structurels de l'établissement, notamment en matière de sûreté et de maintenance. C'est dans cette perspective que le projet « Louvre Nouvelle Renaissance » a été déployé. Ce projet, structuré en deux volets complémentaires, répond à des enjeux distincts mais indissociables : « Louvre Demain », dédié aux schémas directeurs de rénovation, inclut la modernisation des équipements de sûreté. Les marchés correspondants ont été notifiés en avance de phase, et leur financement est assuré par une subvention d'investissement de 10 millions d'euros versée par le ministère, ainsi que par les recettes issues de la tarification différenciée, intégralement fléchées ces opérations de rénovation ; « Louvre Grande Colonnade », entièrement autofinancé par le musée, vise à améliorer les conditions de valorisation des collections et la fluidité des visites, grâce à une nouvelle entrée et une salle dédiée à la Joconde, permettant une meilleure répartition des flux de visiteurs. Pour assurer l'équilibre budgétaire et le suivi rigoureux des opérations, le ministère a mis en place des instances de pilotage spécifiques, renforçant ainsi son accompagnement de l'établissement et garantissant le déploiement efficace des mesures de protection.

Sources et données

Dernière collecte des sources

Dernière collecte : questions écrites de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions orales sans débat de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026 ; questions au Gouvernement de l'Assemblée nationale le 5 nov. 2026.

Références techniques
Question (Assemblée nationale)
QANR5L17QE12004
Ministère interrogé (source)
PO873669